L’ombre d’une islamisation à la saoudienne

Ethiopie: Visite d’une délégation musulmane d’Arabie Saoudite

Addis-Abeba, 13 novembre 1998 (APIC) Pays de vielle tradition chrétienne, l’Ethiopie est cependant une terre que l’Arabie Saoudite voudrait voir s’islamiser. Davantage encore. Ce qui ne laisse pas d’inquiéter, si l’on sait que l’Arabie Saoudite passe pour être particulièrement intolérante à l’égard des religions chrétiennes. Depuis mardi 10 novembre, une délégation saoudienne visite le pays.

L’an dernier, le pouvoir éthiopien a mis en place un Conseil des affaires islamiques et a élu un mufti, Haji Nur Musa, pour ne pas laisser les mains libres aux extrémistes islamistes radicaux. L’Arabie Saoudite vise pourtant à y étendre son influence religieuse. Pour ce faire, une délégation du royaume wahhabite effectue depuis mardi, une visite officielle de 5 jours en Ethiopie.

Conduite par le gouverneur de La Mecque, ville sainte de l’islam, la mission vise à s’informer «de la situation des musulmans vivant en Ethiopie». Environ 45% de la population éthiopienne est musulmane contre plus de 55% de chrétiens, a majorité orthodoxe.

En Arabie Saoudite, le simple fait d’avoir prié ou de porter une petite croix chrétienne est sanctionné par l’emprisonnement. Une trentaine de chrétiens étaient encore détenus cet été dans les geôles saoudiennes. Plusieurs ont cependant été relâchés depuis.

Le chef de la délégation, Cheikh Abdurahman Hussein, a expliqué que «l’Arabie Saoudite contribue au développement et au renforcement d’institutions islamiques en Ethiopie». Dans son pays, l’interprétation stricte de la loi islamique interdit toute pratique publique d’une religion autre que l’islam. Le gouvernement saoudien finance la construction de mosquées partout dans le monde, y compris et surtout en Europe.

Considérée comme «terre sainte musulmane», l’Arabie Saoudite ne permet pas aux fidèles d’autres religions de construire leurs propres lieux de culte ni de célébrer leur culte en privé. (apic/ibc/ab/pr)

13 novembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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