«Etre la voix des sans-voix»

Allemagne: Hommage rendu à un protestant, chantre de l’indépendance des médias

Berlin, 2 septembre 2010 (Apic) L’Allemagne se souvient de Robert Geisendörfer, connu comme «le père des médias protestants», pour le centenaire de sa naissance, et rend hommage à son inébranlable conviction que l’indépendance journalistique est indispensable.

Né le 1er septembre 1910, Robert Geisendörfer avait été nommé directeur de l’Association bavaroise de la presse protestante en 1947. Sa mission était de réhabiliter le travail médiatique des Eglises après la dictature nazie d’Adolf Hitler et la seconde guerre mondiale.

Dans un hommage publié sur le web, le site d’information en ligne OVB (ovb-online.de) rappelle sa devise: «Le journalisme protestant a pour tâche d’informer, de défendre des causes, de faire preuve de compassion et d’être la voix des sans-voix.»

Son travail accompli à l’Association bavaroise de la presse protestante, Robert Geisendörfer est devenu le commissaire à la radiodiffusion de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD), la principale organisation protestante du pays. Par la suite, il a été le directeur de l’Association allemande de la presse protestante, qui était alors en charge de l’agence de presse protestante allemande, l’Evangelischer Pressedienst (epd).

Un journaliste indépendant

Le parcours de Robert Geisendörfer l’a amené à fonder à Francfort l’Association des médias protestants (GEP), destiné à être un centre consacré au travail de communication des protestants allemands. Cette association a ensuite repris la responsabilité d’epd, la plus ancienne agence de presse allemande, fondée l’année de la naissance de Robert Geisendörfer.

A l’époque, certaines inquiétudes avaient été formulées quant à la possibilité que l’indépendance journalistique d’epd pâtisse de son appartenance à la GEP, mais elles se sont rapidement dissipées.

En revanche, des responsables d’Eglise ont protesté contre les subventions accordées par l’EKD au journalisme indépendant d’epd, telles que le prévoyait sa charte. Ces responsables d’Eglise estimaient qu’epd ne devait informer que sur les sujets «bénéfiques» à l’Eglise.

Dans un hommage, epd a rappelé la conviction de Robert Geisendörfer selon laquelle le journalisme protestant ne peut assumer son rôle que dans la liberté journalistique.

«Robert Geisendörfer a défendu avec ténacité et détermination ces libertés face aux exigences de la direction de l’Eglise», rappelle l’hommage au journaliste, qui est décédé en 1976 à l’âge de 65 ans.

Début 2010, epd a célébré son propre centenaire par une cérémonie organisée à Berlin, à laquelle l’oratrice principale était Angela Merkel. La chancelière allemande a grandi dans le milieu de l’Eglise, puisque son père était pasteur luthérien dans l’ancienne Allemagne de l’Est.

Devant 300 invités représentant l’Eglise, les médias, la politique et la société, Angela Merkel a salué le rôle de gardien que joue epd, car elle permet de veiller à ce que «les institutions politiques et sociales soient contrôlées, critiquées et transparentes».

La portée de l’agence s’étend aujourd’hui à près des deux tiers des quotidiens allemands. Elle affirme atteindre un total combiné de 37 millions de lecteurs, outre les médias publics et les clients sur le web. (apic/eni/js)

2 septembre 2010 | 17:07
par webmaster@kath.ch
Partagez!