Et si on commençait par annuler la dette ?

Europe-Afrique: Les missionnaires engagés en Afrique déçus du sommet du Caire

Rome, 5 avril 2000 (APIC) Le premier sommet Europe-Afrique, qui a réuni, les 3 et 4 avril au Caire 52 chefs d’Etats africains et 15 dirigeants des pays membres de l’Union européenne, a déçu les missionnaires engagés en Afrique. Ils plaident pour une annulation pure et simple de la dette africaine, qui se monte à 350 milliards de dollars.

Avant même que le sommet ne s’achève, avec l’adoption d’une déclaration et d’un plan d’action qui définiront les grandes lignes du nouveau partenariat entre les deux continents, le Père Pier Maria Mazzola, de la rédaction de «Nigrizia», le mensuel des missionnaires comboniens, ne cache pas un certain «manque de confiance» au sujet des conclusions et des conséquences du somme.

«Il suffit de penser, écrit-il, à la politique fluctuante vis-à-vis de l’Afrique menée jusqu’ici par l’Europe. Deux exemples suffisent: les amendements à la Convention de Lomé qui donnent le feu vert à la mondialisation sauvage en réduisant les espaces de la coopération sur le continent noir. Puis l’affaire du chocolat dans laquelle le Parlement européen a pénalisé des pays africains producteurs de cacao.»

Politique africaine centrée davantage sur la Méditerranée, «nouvelle frontière» de l’Europe

«Nigrizia» attend de l’Europe une politique novatrice par rapport à celle de la France ou celle des Etats-Unis. Et qu’elle le démontre, en annulant la dette africaine, qui se monte à 350 milliards de dollars, et en adoptant une politique centrée davantage sur la Méditerranée. L’intérêt pour l’Afrique ne doit pas être passager ni marqué par le pessimisme. Certes, il y a la faim, la corruption, le sida, mais il y a également des signaux clairs qui invitent à la confiance, écrit «Nigrizia», qui se réfère entre autres à toutes les tentatives faites au Nigeria pour renforcer la démocratie, en Afrique du Sud pour mettre ensemble développement économique et égalité sociale, en Algérie pour la réconciliation après dix années de conflits sanglants, à la Libye qui s’ouvre de nouveau à l’attention internationale.

Commentant le sommet du Caire pour l’agence d’information missionnaire vaticane FIDES, le Père Piero Gheddo, du PIME (Institut pontifical des Missions Etrangères en Italie), invite de son côté l’Europe à adopter une politique étrangère commune vis-à-vis de l’Afrique, qui doit être vue comme sa «nouvelle frontière». (apic/fides/cip/be)

5 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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