Espoir de renaissance, lutte contre la pauvreté, appel à la justice

Europe de l’Est: Message de trois patriarches orthodoxes pour les fêtes de la Nativité

Moscou/Sofia/Zagreb,

(APIC) Espoir de renaissance en Russie, lutte contre la pauvreté et la corruption en Bulgarie, temps de la reconstruction en Serbie, les patriarches orthodoxes de l’Est de l’Europe ont exprimé leur attente au seuil du XXIème siècle, dans leurs messages, à l’occasion de la fête orthodoxe de la Nativité, les 6 et 7 janvier.

Le patriarche de Moscou Alexis II a exprimé son espérance d’une «renaissance de la Russie au XXIème siècle» tandis que le patriarche Maksim de Bulgarie, à Sofia, appelait ses fidèles ainsi que le monde politique du pays à lutter contre la pauvreté et la corruption. A Belgrad, le patriarche Pavle, les métropolites et les évêques de l’Orthodoxie serbe estiment que le temps est venu, pour les peuples du Sud-Est de l’Europe, de «reconstruire ce que la haine a détruit».

L’Eglise orthodoxe russe, «qui partage la souffrance de la société dans son ensemble et de chacun de ses individus» est déterminée à soutenir les efforts des politiciens et de nombreux citoyens pour améliorer le sort des Russes, a assuré le chef de l’Eglise orthodoxe russe, à Moscou. Selon Alexis II, l’événement qui a marqué l’année écoulée du Jubilé de la naissance du Christ est le Concile des évêques du mois d’août, dans la cathédrale du Saint-Sauveur reconstruite. L’assemblée a débouché sur l’établissement d’une doctrine sociale de l’Eglise. Alexis II a également évoqué la canonisation de quelque mille victimes des persécutions de l’Eglise par les bolcheviques, dont celle – controversée – du dernier Tsar, Nicolas II, et de sa famille, exécutés en 1918.

L’Eglise orthodoxe bulgare impliquée dans les enjeux sociaux

A Sofia, le patriarche Maksim a appelé ses fidèles ainsi que les politiciens à lutter contre la pauvreté et la corruption. Dans son message pour la fête orthodoxe de la Nativité, le Saint Synode qu’il préside déplore le faible taux de natalité et l’augmentation du nombre des toxicomanes parmi les jeunes. «Un pays sans jeunesse est un pays qui se meurt», avertissent les responsables religieux. L’Eglise orthodoxe bulgare dénonce aussi le fait d’être exclue, par les autorités politiques, de nombreux domaines et enjeux sociaux. «Même s’il existe une séparation entre l’Eglise et l’Etat, la politique ne peut pas purement et simplement ignorer les préoccupations de l’Eglise». Dans la même perspective, l’Eglise orthodoxe bulgare prône une amélioration de l’éducation religieuse.

Le temps de la dictature, de l’oppression, des persécutions, de l’exil et de l’isolement est révolu, soulignent pour leur part les responsables de l’Eglise orthodoxe serbe, à Belgrad, dans leur message commun pour Noël. La reconstruction ne sera cependant possible que si elle est fondée sur la justice et la solidarité réciproque, relèvent-ils. De nombreuses personnes vivent dans un grand dénuement et ont besoin d’une aide urgente. Cela ne doit pas les empêcher de voir la détresse de leurs voisins ni de leur venir en aide selon leurs moyens, soulignent les responsables religieux. Selon eux, «ce ne sont ni le pouvoir ni l’appât du gain qui font avancer la société, les événements récents l’ont bien montré». L’Eglise orthodoxe serbe ajoute qu’elle mettra tout en œuvre pour aider les gens à vivre l’idéal de la solidarité, de la justice et de la liberté. (apic/kna/mjp)

8 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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