Déclaration de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne
Europe: élections au Parlement Européen dans un mois (040594)
«Voter est une responsabilité du citoyen européen»
Bruxelles, 4mai(APIC) A un mois des élections au Parlement européen, la
Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) publie une
déclaration à l’intention des électeurs et électrices des douze Etats appelés à désigner leurs nouveaux représentants. Les engageant à prendre leur
responsabilité parce que «le développement de l’intégration européenne influence la vie des habitants de ces Etats».
La déclaration relève en préambule que «voter est une responsabilité de
citoyen et une garantie pour la démocratie. Voter, c’est aussi opter pour
une échelle de priorités, et donc se référer à des valeurs. Voter, c’est
enfin soutenir un projet porteur de sens».
La COMECE rappelle que de grandes réalisations existent déjà à l’actif
de l’Union européenne. Et de citer entre autres: la libre circulation des
travailleurs et le marché unique. Comme acquis majeurs, «il y a encore: une
paix durable et définitive entre Douze Etats; un essor intellectuel, un dynamisme scientifique et une richesse artistique basés sur la diversité des
cultures européennes; et notamment un élan de générosité envers des pays en
voie de développement, grâce à des accords d’association. Ces résultats
s’appuient sur les racines chrétiennes, soulignées par les Pères fondateurs
de l’Europe».
La dimension continentale
Cette Europe ne cesse de se développer, pousuit la Commission. Les projets du Parlement européen d’élaborer une Constitution européenne et un
statut de citoyenneté, en sont autant de preuves. A côté de ces réalisations internes, il faut rappeler que l’Union européenne est à la veille
d’accueillir quatre nouveaux membres: l’Autriche, la Finlande, la Norvège
et la Suède. «L’élargissement est non seulement un gage de dynamisme, mais
encore une chance pour l’épanouissement de toutes les nations concernées».
Ce processus continue puisque d’autres candidatures se présentent déjà.
Phénomène qui se comprend d’autant mieux qu’en cette fin du XXe siècle,
notre société est confrontée à une évolution accélérée de problèmes qui dépassent les frontières nationales pour prendre une dimension continentale,
voire planétaire. Il serait illusoire dès lors de croire qu’un pays seul
puisse les résoudre.
Participer aux élections en choisissant ceux qui représenteront les peuples au Parlement européen, garantit le caractère démocratique de l’Union
et constitue un devoir civique pour chaque électeur, insiste la COMECE. «Ce
devoir implique non seulement une participation au vote, mais également un
choix réfléchi. Voter consiste à opter pour une échelle de priorités.
Elire son représentant suppose l’étude des programmes proposés par les
partis politiques. Ce choix devrait s’effectuer en gardant à l’esprit les
valeurs fondamentales auxquelles nous sommes profondément attachés. Et la
Commission de citer entre autres: l’Europe et ses citoyens doivent être un
facteur de paix dans le monde, en veillant au développement universel de la
démocratie et des droits de l’homme; dans une future constitution européenne, une place importante devra être accordée aux droits fondamentaux des
personnes. Cela devra se faite tant sur le plan des droits civils et politiques – notamment des libertés religieuse et d’enseignement – que sur celui des droits économiques, sociaux et culturels; la vie familiale est une
valeur essentielle à promouvoir. Dans la révision du traité sur l’Union européenne, en 1996, l’insertion d’une politique familiale globale devra être
prévue; l’objectif essentiel du développement de la science, surtout en matière biomédicale et biotechnologique, sera toujours l’épanouissement de la
personne. La vie notamment devra être protégée dans sa phase initiale et
finale; la crise économique actuelle: une action plus accentuée devra se
développer en faveur des exclus de toutes sortes et autour du grave problème des sans-emplois et particulièrement des jeunes chômeurs; nos difficultés ne doivent pas nous faire oublier la grande misère des deux tiers de
l’humanité et la responsabilité de nos pays dans la recherche d’une solution pour donner à ces déshérités une vie digne; face à la recrudescence du
matérialisme, de la violence, du racisme et de la xénophobie, nous devons
lutter pour une société plus tolérante et respectueuse de la dignité humaine. Il faut reconnaître l’enrichissement apporté par l’accueil des étrangers.
L’Europe: un projet historique à soutenir
L’Europe sera ce que nous aurons choisi d’en faire, conclut la COMECE.
«Sans engagement envers des valeurs humaines et chrétiennes, l’Europe sera
privée de sens, d’idéal et donc d’avenir. Aussi, nous demandons aux futurs
élus de sauvegarder et de promouvoir les valeurs qui sont le fondement de
notre civilisation.
Le message est signé par les évêques membres de la COMECE: Mgr Joseph
Homeyer (Allemagne), président; Mgr Fernand Franck (Luxembourg), vice-président; Mgr Elias Yanes Alvarez (Espagne), vice-président; Mgr Dante Bernini (Italie); Mgr Maurice Couve de Murville (Angleterre/Pays de Galles); Mgr
Lucien Daloz (France); Mgr Luk De Hovre (Belgique); Mgr Johgannes Antonius
de Kok (Pays-Bas); Mgr Joseph Duffy (Irlande); Mgr Hans Ludvig Martensen
(Danemark); Mgr Januario Torgal Ferreira (Portugal); Mgr Antonio Varhalitis
(Grèce); Mgr Thomas Joseph Winning (Ecosse). (apic/cip/pr)



