Europe: Le Réseau «Eglise de liberté» critique durement le Vatican
Spécialement au sujet de l’instruction romaine sur les laïcs
Bruxelles, 12 janvier 1998 (APIC) Le Réseau européen des organisations pour les réformes dans l’Eglise catholique «Eglise de liberté», au sein duquel coopèrent des organisations de onze pays, juge très durement l’instruction sur «Certains aspects de la collaboration des fidèles non-ordonnés au ministère sacré des prêtres» publiée par le Vatican en novembre dernier.
Dans un communiqué publié au lendemain de son assemblée annuelle, qui s’est tenue du 2 au 6 janvier à Ambt-Delden (Pays-Bas), le Réseau européen, dit craindre que «c’est l’Eglise elle-même qui sera la première victime de l’instruction romaine», qui réaffirme et approfondit la distinction entre prêtres et «laïcs».
Cette distinction était inconnue des premières communautés chrétiennes et la réaffirmer ainsi n’est pas en accord avec l’esprit de du second Concile du Vatican, affirme le Réseau européen, qui regrette que les «laïcs» qui s’engagent au service de l’Eglise comptent à peu près autant que les bonnes de curés d’antan, ce qui est compris comme une marque de défiance. L’instruction «porte en même temps atteinte au ministère ordonné, en mettant les prêtres à part des communautés pour lesquelles ils travaillent». Les organisations membres porteront ce message à la connaissance des évêques de leur pays respectifs.
Le Réseau a écrit à Mgr Reinhold Stecher, évêque émérite d’Innsbruck, en Autriche, pour le remercier d’avoir, avant de se retirer, «critiqué avec fermeté cette instruction, allant jusqu’à diagnostiquer un déficit pastoral théologique de la direction de l’Eglise catholique». Le nouvel évêque d’Innsbruck a également reçu des félicitations pour avoir fait sienne la position de son prédécesseur.
Enquête sur les finances de l’Eglise
Le Réseau a décidé d’entreprendre une enquête sur les finances de l’Eglise catholique. Il analysera les relations financières «souvent très étroites» entre l’Eglise et l’Etat dans les divers pays d’Europe et portera aussi son attention «sur la manière dont les finances sont administrées, au regard des exigences de transparence et de décision démocratiques».
A Ambt-Delden, une réflexion théologique, accompagnée d’excursions dans des exploitations agricoles voisines – a été consacrée à la manière dont les gens vivent leur relation à l’environnement.
Solidarité avec Tissa Balasuriya
Une lettre a été envoyée au supérieur général des oblats de Marie Immaculée, l’Ordre religieux auquel appartient Tissa Balasuriya, théologien sri-lankais excommunié récemment et menacé d’exclusion de son Ordre, pour demander que tout soit mis en oeuvre pour faire lever la sanction. Au printemps prochain, un représentant du Réseau se rendra au Sri Lanka pour renforcer les contacts noués avec Tissa Balasuriya lors de ses récentes visites en Europe.
Les travaux se sont poursuivis en vue de l’élaboration d’une Constitution démocratique pour l’Eglise catholique, projet conduit conjointement avec les organisations des Etats-Unis associées au Réseau, qui étaient représentées à l’assemblée annuelle.
Le «Réseau européen Eglise de liberté» s’est constitué en 1990. Il met en relation aujourd’hui des organisations travaillant au renouveau et à la réforme de l’Eglise catholique dans 12 pays: Allemagne, Autriche, Belgique, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, République tchèque et Suisse. 50 délégués ont pris part à l’assemblée d’Ambt-Delden, la huitième, qui était jumelée à la 9e «Conférence pour les droits humains dans l’Eglise». (apic/cip/ba)



