La future Constitution doit faire honneur à l’Europe
Europe: Le Vatican demande une reconnaissance des Eglises et religions
Rome, 19 février 2003 (Apic) L’Eglise catholique exprime trois demandes touchant les religions dans la future Constitution européenne: reconnaissance juridique des Eglises et religions, sauvegarde de leur identité et respect de leur statut juridique national.
Le cardinal Angelo Sodano s’est exprimé sur la Constitution européenne dans un entretien publié le 18 février par le quotidien italien «Avvenire». Ce document devra être «un Traité qui fasse honneur à l’Europe dans le monde entier», a-t-il lancé. Il demande d’abord «la reconnaissance juridique des Eglises et des communautés religieuses, ce qui, concrètement, comporte le droit de chacune à s’organiser librement, conformément à ses propres statuts et ses objectifs.
En second lieu, les catholiques demandent «la sauvegarde de l’identité spécifique des Eglises et des communautés religieuses et, en vertu de la contribution qu’elles apportent à la vie publique, de prévoir un dialogue structuré entre l’Union et ces mêmes confessions».
La dernière demande, selon le cardinal, est le respect «du statut juridique dont jouissent les confessions religieuses en vertu des législations nationales des Etats membres».
L’Europe hérite du patrimoine chrétien
Le cardinal Sodano rappelle également que le Saint-Siège souhaite que la Constitution mentionne le patrimoine chrétien dont l’Europe a hérité. «Même si ce n’est pas l’aspect qui a le plus de poids dans nos demandes nous jugeons cela important car il s’agit d’une donnée historique impossible à nier: les racines culturelles des valeurs européennes sont multiples mais le christianisme a contribué à les forger, de manière unique».
«Selon une enquête que j’ai examinée il y a quelque temps, poursuit le cardinal italien, environ 81% des citoyens de l’ensemble des 15 pays membres et des 10 Etats invités à s’unir début 2004, se reconnaissent dans les confessions chrétiennes. L’Europe est donc aussi celle des chrétiens. Exclure ce facteur serait comme faire l’Europe sans accorder aux Européens la reconnaissance qui leur est due. Cela serait en opposition avec les principes d’un pluralisme authentique et donc d’une saine démocratie».
Dimanche, le pape Jean Paul II a plaidé sur la Place St-Pierre pour une référence chrétienne dans la Constitution européenne. Selon lui, une telle mention «ne retirera rien à la juste laïcité des structures politiques, mais au contraire aidera à préserver le continent du double risque du laïcisme idéologique d’une part et de l’intégrisme sectaire d’autre part.» (apic/zn/imedia/bb)



