Les questions éthiques mobilisent les évêques européens

Europe: Les secrétaires généraux des Conférences épiscopales se sont réunis à Prague

Prague, 26 juin 2001 (APIC) Après leur passage de témoin, l’ancienne et la nouvelle présidence du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) ont défini leurs grandes orientations en compagnie des secrétaires généraux des Conférences nationales, réunis du 21 au 25 juin à Prague. Ils ont notamment décidé d’avancer sur le plan œcuménique et de contribuer au processus d’unification européenne. Les questions éthiques, qui ont rebondi dans plusieurs pays, ont également mobilisé les débats.

Cette rencontre européenne a eu pour prélude le passage du témoin entre la présidence qui a guidé le CCEE de 1993 à 2001, composée du cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague, du cardinal Karl Lehman, archevêque de Mayence et de Mgr István Seregély, archevêque d’Eger en Hongrie, et la nouvelle présidence, élue le 18 avril 2001 à Strasbourg. Celle-ci est composée de Mgr Amédée Grab, évêque de Coire en Suisse, du cardinal Cormac Murphy O’Connor, archevêque de Westminster et de Mgr Josip Bozanic, archevêque de Zagreb.

Les évêques et secrétaires des Conférences épiscopales ont survolé les questions éthiques soulevées dans plusieurs pays. En Allemagne, la Conférence épiscopale a pris part de façon autorisée au débat sur les problématiques de bio-médecine et de bio-technologie. Les participants à la rencontre de Prague ont rappelé que le début de la vie, le début de la dignité humaine et le début du droit à la protection de la vie coïncident et sont inséparables.

En Belgique, face à une législation plus libérale sur l’euthanasie, l’Eglise se remet à proposer avec force le recours à l’accompagnement du malade en phase terminale, les soins palliatifs et le retour au sens de la vie à chacune de ses phases.

Le concept de famille s’est élargi en divers pays au point de signifier à la fois une chose et son contraire. Aux Pays-Bas, les couples homosexuels ont le droit d’adopter, à la condition qu’il s’agisse d’enfants néerlandais. Ces problématiques se répandent en chaque pays et commencent à être présentes en Europe centrale et orientale. Conscientes que c’est sur ces sujets que se décide l’avenir de l’Europe et de l’humanité, les Conférences épiscopales se sentent responsables d’être des «sentinelles de la vie» et d’agir sur les plans de la culture, de la pastorale et des législations.

Nostalgie communiste encore présente à l’Est

Le second sujet abordé de façon approfondie par les secrétaires des Conférences épiscopales a été la situation de l’Eglise dans les pays qui ont vécu l’idéologie communiste. Les vastes enquêtes du Forum pastoral de Vienne soulignent un intérêt croissant pour les questions religieuses, mais aussi une «nostalgie» diffuse du communisme, due surtout à la situation économique et à l’oubli des persécutions advenues à l’époque communiste.

La situation actuelle exige que l’Eglise cherche à se «repositionner», qu’il y ait une évangélisation de qualité nouvelle, une personnalisation de la foi, une reconfiguration de la communauté ecclésiale, une création de communautés vivantes, une formation sérieuse et un engagement des laïcs. Ce nouveau cheminement des Eglises d’Europe centrale et orientale aura aussi des retombées en Occident, ont estimé les participants à la rencontre.

Avancer dans la réconciliation entre chrétiens

L’œcuménisme constitue une autre préoccupation, évidemment propre à tous les pays, bien que ce soit sous des modes divers et complexes. Les secrétaires généraux ont vigoureusement discuté de la «Charte œcuménique – lignes directrices en vue d’une collaboration croissante entre les Eglises d’Europe», signée à Strasbourg le 22 avril 2001, en conclusion de la rencontre œcuménique européenne du début du millénaire. C’est le premier document historique de ce type, mais il est très récent et doit encore acquérir de plus amples dimensions à partir surtout des réflexions, décisions et activités vécues au niveau local.

D’ici trois ans, il sera procédé à une vérification européenne de «l’état de santé» de la Charte. Ce qui ressort du débat est que toutes les Conférences entendent profiter de la chance de la Charte pour effectuer un véritable pas en avant sur la voie de la réconciliation entre chrétiens d’Europe.

Un projet important que le CCEE a en chantier est le symposium des évêques d’Europe qui se tiendra à Rome du 24 au 28 avril 2002 sur le thème «Les jeunes d’Europe dans l’évolution/ Laboratoire de la foi». Outre 100 évêques et divers invités, un jeune de chaque pays européen y participera. Le symposium travaillera à partir de l’hypothèse selon laquelle le monde des jeunes est un lieu privilégié pour comprendre les évolutions culturelles actuelles de l’Europe, mais aussi pour recueillir les signes déjà présents d’une nouvelle phase historique d’évangélisation et d’inculturation de la foi en Europe. (apic/com/bb)

26 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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