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Les évêques indiens appellent à la sauvegarde de la création

Les 178 évêques catholiques indiens, réunis pour leur 32e assemblée plénière, ont appelé à rejeter le gaspillage en adoptant une vie simple pour la sauvegarde de la création. La Conférence épiscopale (CBCI) s’est réunie à Bengalore, du 2 au 9 mars, sous le thème «Aider l’Eglise à répondre aux défis actuels», rapporte le site Eglises d’Asie.

Le contexte politique actuel, le gouvernement nationaliste (BJP) au pouvoir accentue les pressions sur les minorités religieuses, pouvait laisser penser que la liberté religieuse serait au centre des échanges entre les évêques. S’ils ont effectivement abordé cette question en début d’assemblée, ils ont néanmoins retenu les priorités de simplicité, de spiritualité et de sauvegarde de la Création pour l’Eglise en Inde.

Davantage de simplicité et de spiritualité

«Nos vies de prêtres et d’évêques doivent être un exemple de simplicité et de spiritualité, une source d’inspiration pour tous», ont-ils affirmé, ajoutant qu’»une vie simple signifie ouvrir nos maisons et nos institutions aux plus pauvres et redécouvrir la puissance de la parole de Dieu et de la prière dans nos vies».

Très marqués par le témoignage de vie simple du pape François, les évêques indiens ont retenu son appel à »être authentique, en se libérant des modes de fonctionnement traditionnels, de l’institutionnalisation, du confort et des privilèges conférés par le statut social ou hiérarchique».

Une simplicité qui doit se concrétiser notamment à travers la gestion administrative et économique des paroisses. Les évêques indiens ont donc proposé la création de »Conseils économiques et financiers au sein des Conseils paroissiaux», afin de développer et d’appliquer les valeurs de transparence administrative et de responsabilité financière à tous les échelons de l’Eglise.

Une Eglise plus proche des fidèles et des Indiens

Pour l’Eglise catholique en Inde, l’enjeu est de devenir une communauté proche des gens, ouverte et accueillante dans tous les domaines de la pastorale. »Une nouvelle manière d’être Eglise – représentée par des figures comme la Bienheureuse Mère Teresa et le pape François – appelle à ouvrir de nouvelles routes, à quitter le confort (…), en portant à tous la miséricorde, la grâce et l’amour du Christ», ont insisté les évêques, soulignant les défis internes qu’il reste à relever: déclin des valeurs familiales au profit du consumérisme, vocations, évangélisation et œcuménisme.

Le défi de la sauvegarde de la Création

Répondant à l’appel du pape en faveur d’un engagement de l’Eglise sur les questions environnementales et l’écologie humaine, les évêques indiens ont également insisté sur la priorité d’éducation en matière de responsabilité écologique. Chaque paroisse indienne est invitée à élaborer sa propre feuille de route écologique, à développer des programmes de sensibilisation à l’amour et à la sauvegarde de la Création, et à poser des actes concrets: choix d’énergies renouvelables, utilisation de récupérateurs d’eaux de pluie, développement de l’agriculture biologique, restriction de l’utilisation de matières plastiques et de pesticides, etc.

Enjeux nationaux

Parmi les principaux défis auxquels la nation indienne fait face, les évêques soulignent la pauvreté, l’illettrisme, le travail des enfants, les inégalités croissantes entre riches et pauvres, et les phénomènes migratoires.

Selon le dernier recensement de 2011, l’Inde compte près de 28 millions de chrétiens, soit 2,3 % de la population du pays qui compte 1,3 milliard d’habitants. Les catholiques, tous rites confondus (rites latin, syro-malabar et syro-malankar) au nombre de 15,6 millions, représentent 55% des chrétiens indiens. (cath.ch-apic/eda/bh)

Bengalore, en Inde.
18 mars 2016 | 14:36
par Bernard Hallet
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