Eviter des «instrumentalisations» dans un contexte de relations délicates
Rome: Une rencontre entre le cardinal Bertone et Silvio Berlusconi annulée
Rome, 28 août 2009 (Apic) D’abord annoncée par la presse italienne, la rencontre entre le cardinal secrétaire d’Etat du Saint-Siège Tarcisio Bertone et le président du Conseil italien Silvio Berlusconi à L’Aquila (Italie) n’aura finalement pas lieu. Motif évoqué par le Bureau de presse du Saint-Siège: éviter des instrumentalisations» dans un contexte de relations délicates entre le gouvernement et le Vatican.
Au terme de la célébration» marquant le 715e anniversaire de l’élection de Célestin V et de la ›perdonanza’, l’indulgence plénière, Mgr Molinari, archevêque de L’Aquila, «avait pensé organiser un dîner pour remercier de leur présence le secrétaire d’Etat, les évêques et les autorités ainsi que pour leur travail en faveur des victimes du tremblement de terre», a expliqué le 28 août le Bureau de presse du Saint-Siège. «Dans un deuxième temps, a-t-il été précisé, il a été décidé d’annuler le dîner et d’en reverser le coût aux victimes» du séisme qui a frappé la région des Abruzzes en avril dernier.
D’autre part, «pour éviter les instrumentalisations, le président du Conseil, Silvio Berlusconi, a délégué Gianni Letta, sous-secrétaire à la présidence du Conseil, pour représenter le gouvernement italien», a encore précisé le Saint-Siège. Une précaution qui semble répondre à la mise en garde de l’ancien président de la République italienne, Francesco Cossiga, qui avait jugé peu auparavant que la rencontre entre les deux hommes à L’Aquila était inopportune. Le Bureau de presse du Saint-Siège a en outre précisé que le cardinal Bertone se rendait à L’Aquila «pour renouveler les sentiments de proximité et d’affection du pape aux populations sinistrées».
Passes d’armes entre Eglise et gouvernement
Depuis plusieurs mois, le climat entre le Saint-Siège et le gouvernement italien s’est considérablement dégradé. Dans l’œil du cyclone, les affaires de mœurs de Silvio Berlusconi qui ont défrayé la chronique et entraîné plusieurs condamnations du Vatican et de l’Eglise italienne. Mais aussi les passes d’armes récentes entre le Vatican et l’extrême droite italienne, membre de la coalition gouvernementale, sur le thème de l’immigration. Une révision des Accords du Latran, qui régissent les relations entre le Vatican et l’Italie depuis 1929, a même été évoquée par la presse d’extrême droite de la péninsule.
En outre, dans une interview publiée par L’Osservatore Romano à la veille de sa visite à L’Aquila, le cardinal Bertone avait fait état de la lenteur avec laquelle les victimes du tremblement de terre recevaient de l’aide. Benoît XVI espère, avait-il ainsi confié, que les sinistrés de l’Aquila n’auront pas à souffrir de «lenteurs» ou du «désengagement» des autorités et qu’elles pourront «retrouver une vie familiale normale, dans leurs maisons reconstruites ou remises en état, ainsi que leurs activités économiques et sociales». (apic/imedia/cp/bb)



