Allemagne: La proposition de légaliser la circoncision suscite des controverses

Eviter l’instrumentalisation idéologique

Berlin, 12 octobre 2012 (Apic) La ministre fédérale allemande de la justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, a défendu le 11 octobre 2012 le projet de loi sur la circoncision adopté la veille par le cabinet fédéral. Il s’agit de rétablir la sécurité juridique, a déclaré la ministre dans une interview à la radio. Elle espère une large approbation du parlement.

La réglementation adoptée par le Conseil des ministres allemand prévoit que les parents, à certaines conditions, sont autorisés à faire pratiquer l’ablation du prépuce sur leurs garçons pour des raisons religieuses ou hygiéniques.

Le Conseil central des juifs d’Allemagne a salué cette mesure. De son côté, le Conseil central des musulmans d’Allemagne met en garde contre une interprétation trop restrictive des prescriptions. L’attention au bien de l’enfant, inscrite dans la loi, ne doit pas être l’objet d’une instrumentalisation idéologique. Chez les musulmans, la pratique veut que l’on prenne au sérieux la volonté de l’enfant et qu’on essaie d’apaiser ses craintes, a expliqué Aiman Mazyek, vice-président du Conseil des musulmans.

Des règles pour la pratique

Christiane Woopen, présidente du Conseil national d’éthique, a demandé des améliorations. Si le législateur veut rendre possible la circoncision d’enfants, il doit aussi donner des règles. Comme pour n’importe quelle autre opération, il faut préciser à quelles conditions la circoncision peut être pratiquée, estime-t-elle. Les médecins, psychologues, représentants des parents et instances religieuses doivent se concerter et établir des normes pratiques.

L’Association nationale des pédiatres qualifie la proposition gouvernementale de pas en arrière «indiscutable». Nous ne pourrions accepter une réglementation pour la circoncision religieuse que pour des jeunes de plus de 14 ans, ayant eux-mêmes exprimer la volonté de le faire, a relevé le président de l’association Wolfram Hartmann. La proposition ne place le droit à l’intégrité corporelle de l’enfant qu’au troisième rang, après la liberté des parents et la liberté religieuse, a-t-il déploré. (apic/kna/mp)

12 octobre 2012 | 12:08
par webmaster@kath.ch
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