«Exclure les religions du domaine public empêche le progrès de l’humanité»

Rome: Représentants de la Fondation Centesimus annus – Pro Pontifice reçus par le pape

Rome, 23 mai 2010 (Apic) Benoît XVI a soutenu samedi que «l’exclusion des religions du domaine public» empêchait le «progrès de l’humanité». Lors de l’audience accordée aux quelque 280 membres de la Fondation Centesimus annus – Pro Pontifice réunis à Rome en congrès les 21 et 22 mai, le pape a également affirmé que la politique devait avoir la «primauté sur la finance» et que «l’éthique» devait «orienter toute activité».

«L’exclusion des religions du domaine public, de même que le fondamentalisme religieux, empêchent la rencontre entre les personnes et leur collaboration pour le progrès de l’humanité», a ainsi affirmé Benoît XVI, avant d’expliquer que ces deux attitudes conduisaient la politique à «prendre un visage oppressant et agressif».

Dans la Salle Clémentine du Palais apostolique, le pape a jugé que «dans une société mondiale, composée par de nombreux peuples et des religions différentes, le bien commun et le développement intégral (étaient) obtenus avec la contribution de tous». Pour atteindre ces objectifs, «les religions sont déterminantes, surtout quand elles enseignent la fraternité et la paix, parce qu’elles apprennent à donner un espace à Dieu» dans nos «sociétés marquées par la sécularisation».

Abordant le thème de la crise mondiale actuelle, le pape a estimé que les difficultés des Etats, de la société et de l’économie provenaient d’un «manque de confiance» et d’un manque de «suggestion (…) dynamique orientée vers le bien commun». Aux yeux du pape, «face à des épisodes réitérés de spéculations irresponsables», les gouvernements «ne réagissent pas avec des décisions adéquates». «La politique doit avoir la primauté sur la finance», a alors affirmé le souverain pontife, avant d’ajouter que «l’éthique» devait «orienter toute activité».

Benoît XVI a enfin assuré que «la vision chrétienne du développement, du progrès et du bien commun», répondait «aux attentes les plus profondes de l’homme».

Peu avant, prenant la parole devant le pape, le président de la Fondation, Domingo Sugranyes Bickel, a confié que le monde actuel connaissait une «conjoncture déséquilibrée» et avait «besoin de nouvelles clés de développement et de nouveaux débouchés». Ses propos ont été rapportés par L’Osservatore Romano le 22 mai. Domingo Sugranyes Bickel a par ailleurs confirmé au pape que la Fondation s’engageait à soutenir l’activité de l’Institut pontifical d’études arabes et islamiques.

La ›Fondation Centesimus annus – Pro Pontefice’ a été instituée par Jean-Paul II (1978-2005) en 1993. Elle est chargée d’approfondir l’enseignement social de l’Eglise pour traiter les questions liées à la paix, la solidarité, le travail, la mondialisation ou encore l’immigration. Cette fondation vient aussi financièrement en aide aux œuvres caritatives du pape.

La fondation voulue par le pape polonais porte le nom de son Encyclique sociale de 1991, Centesimus annus, qui avait marqué la fin du «socialisme existant», mais analysait aussi l’économie de marché comme une expression de la créativité humaine, en faisait une arène de responsabilité morale et en appelait à la primauté des valeurs et de la culture. (apic/imedia/lb/pr)

23 mai 2010 | 09:58
par webmaster@kath.ch
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