Violente condamnation de la commercialisation de la pilule abortive en Italie

Excommunication pour les femmes et les médecins?

Rome, 31 juillet 2009 (Apic) Excommunication pour les femmes qui auront recours à la pilule abortive, «ce poison mortel» et aux médecins qui l’administreraient? L’Académie pontificale pour la vie a violemment réagi après la décision prise dans la soirée du 30 juillet 2009 par les autorités sanitaires italiennes de donner le feu vert à la commercialisation de la pilule abortive RU 486 dans la péninsule.

Son président émérite, Mgr Elio Sgreccia, a demandé l’excommunication des femmes qui auraient recours à «ce poison mortel» et aux médecins qui l’administreraient. S’il partage le même point de vue, l’actuel président, Mgr Rino Fisichella, a aussi cherché à mettre l’accent sur l’éducation des jeunes à la sexualité, une mission rendue plus difficile avec la commercialisation de la pilule abortive.

Interrogé par la presse italienne peu avant l’adoption de cette décision qui fait suite à de nombreux mois de discussions, Mgr Sgreccia a ainsi estimé que les femmes qui ont recours à la pilule RU 486, tout comme les médecins qui la prescrivent, doivent faire l’objet d’une excommunication, car «son utilisation est comparable à tous points de vue aux effets de l’avortement chirurgical».

Le prélat a en outre comparé la pilule abortive à «un venin mortel», rappelant que «plus de 20 femmes sont mortes après l’administration de cette substance».

Dans une interview au quotidien italien Corriere della Sera publiée le 31 juillet, Mgr Fisichella a pour sa part indiqué qu’»il était évident que les conséquences canoniques sont les mêmes que celles prévues pour l’avortement chirurgical», dans la mesure où la pilule RU 486 vise à «éliminer l’embryon déjà installé dans l’utérus de la femme».

Mgr Fisichella cherche cependant à ne pas alimenter la polémique, souhaitant davantage «faire comprendre la valeur de la vie», ce qui signifie «former la conscience des personnes, aider l’éducation des jeunes, collaborer avec la famille, l’école et les institutions». Une tâche qui sera cependant rendue difficile par la pilule abortive qui «rend vaine toute tentative de faire comprendre aux jeunes le vrai sens (…) de la sexualité et de l’amour».

Dans la soirée du 30 juillet, après plusieurs heures de réunion, le conseil d’administration de l’agence italienne du médicament (Aifa) a accédé à la demande faite en 2007 par le laboratoire français Exelgyn de mise sur le marché italien de la pilule abortive, un médicament autorisé en France depuis 1988. (apic/imedia/cp/pr)

31 juillet 2009 | 11:44
par webmaster@kath.ch
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