Reconstituer le tissu social du pays en exorcisant les traumatismes qui résultent de la guerre civile: voilà l’ambitieux défi que se donne le cinéaste salvadorien Noé Valladares, caméra au poing. Agé de 45 ans, l’homme travaille pour ACISAM, une organisation non gouvernemen-tale salvadorienne active dans le domaine de la santé mentale.

Exorciser les traumatismes par la vidéo

Responsable du secteur de ladite association, Noé Valladares s’est tout particulièrement lancé dans des projets de , où la vidéo est utilisée comme outil de communication et non de divertissement.

Le cinéaste salvadorien, invité par le Groupe volontaires outre-mer (GVOM) basé en Suisse romande qui soutient ces projets depuis 1994, était récemment à Fribourg pour évoquer ses expériences. , explique Noé Valladares, les yeux pétillants de vie. La démarche, qui s’inspire un peu du principe de la psychothérapie, est simple: le vidéaste et son équipe choisissent des villages majoritairement composés de réfugiés ou d’anciens combattants puis discutent avec les villageois des problèmes, difficultés auxquels ils sont quotidiennement confrontés. Vient ensuite la phase du tournage.

Anciens combattants

, poursuit le cinéaste. . Le Salvadorien, qui a déjà tourné dans une trentaine de villages, évoque volontiers sa rencontre avec des femmes qui se plaignaient de se faire battre par leurs maris régulièrement émêchés. . Autre exemple: un reportage sur un fleuve dévié par un riche propriétaire terrien, ce qui eut pour effet d’assécher un étang et de tuer de nombreux poissons. La vidéo a été envoyée au gouvernement jusqu’alors insensible au problème, afin qu’il se rende concrètement compte du déséquilibre écologique causé par le riche propriétaire.

Noé Valladares:

29 décembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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