2200 km à pied et en 14 semaines
Exposition dans le Jura : Sur les traces des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle
Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui les > à accomplir le Chemin de Compostelle, à pied, bien entendu, et comme aux plus beaux jours des premiers pèlerins, le danger en moins ? Une exposition mise sur pied dans le Jura cerne la question, sous le titre >.
On est en train de banaliser le chemin de Compostelle au détriment de l’acte de foi qu’il représente pour le vrai pèlerin. Marianne Studer, de Delémont, sait de quoi elle parle. Mariée, mère de 5 enfants, elle a achevé le 31 juillet au sanctuaire marial du Vorbourg, perché sur les hauteurs qui dominent la capitale jurassienne, son pèlerinage accompli en deux tronçons.
Plus de 2’200 kilomètres à pied, seule, en près de 14 semaines. >. Un symbole plus qu’une originalité. Comme l’exposition mise sur pied dans le Jura, consacrée à 1000 ans de pèlerinage en direction de l’Espagne.
Une autoroute, le chemin qui mène à Saint-Jacques de Compostelle ? Si ça n’est pas encore le cas, cela y ressemble beaucoup. >, constate Marianne Studer. Les chiffres sont là , et pour cause: 100’000 pèlerins > chaque année. Assez pour que le groupe d’histoire du Musée de Mont-Repais, à la Caquerelle, s’y intéresse. En présentant du 16 août au 19 octobre l’exposition créé par l’Association suisse . Détail rafraîchissant : les eaux qui coulent au versant ouest de Mont-Repais, le cœur de l’Europe, se jettent dans la Méditerrannée… Alors que celles du versant est remontent l’Europe pour s’en aller lécher la mer du Nord.
Nombre d’églises jurassiennes témoignent de la présence de saint Jacques le Majeur dans le Jura. Des archives attestent du départ pour > de deux écuyers, en 1480 et en 1488. Le premier n’en est d’ailleurs jamais revenu. Ces mêmes archives font état du procès d’un manant de Porrentruy traduit et condamné en 1372 devant le tribunal épiscopal des princes-évêques pour avoir détroussé un pèlerin. Des documents des XVII et XVIIIe siècles attestent encore que des laissés-passer étaient accordés aux Pèlerins dans l’évêché de Bâle, pour faciliter leur passage sur le territoire, sous peine d’être inquiétés et arrêtés pour vagabondage.
Vers le soleil levant
Avec son grand bâton de pèlerine autour duquel s’est enroulé du chèvre-feuille, la bourse bien attachée, Marianne Studer, 48 ans, a le regard encore plein des paysages qui ont défilé au gré de ses pas. Une trentaine de kilomètres par jour, parfois même cinquante, au gré des hospitalités, des gîtes, des monastères et des couvents qui ont jalonné sa route. Sa marche, elle l’a accompli en deux fois. De Compostelle au Puy, en 1991, en quelque huit semaines de route, puis du Puy au Vorbourg, à Delémont, où elle a reçu le 31 juillet dernier la bénédiction du pèlerin par les moines bénédictins du lieu, après 5 semaines de voyage.
Pourquoi cette route en sens inverse ? >. Marcher seule, c’est marcher vers une recherche, vers soi-même, témoigne-t-elle aujourd’hui. .
En prenant une direction inverse, la Jurassienne a parcouru des chemins qu’aucun pèlerin n’aura vu. Parce que pas banalisés. >.
De Compostelle au Puy, Marianne Studer a dépensé une moyenne de 30 francs par jour. Une somme ramenée à 15 francs du Puy à Delémont, dont une bonne partie servait à téléphoner à ses enfants et à son mari… >. Avec son carnet de pèlerin muni des sceaux attestant de ses passages dans les multiples étapes, elle rêve aujourd’hui de pèlerinages sur les chemins des moines irlandais. Et jusqu’à Jérusalem, en passant par Venise. A pied. (apic/pierre rottet)



