«face à l’insistance du mal, c’est la miséricorde qui sauve le monde»
«La paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est […] l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre», a déclaré le pape Léon XIV durant la messe finale de son voyage à Monaco, le 28 mars 2026. Il a mis en garde contre «l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent» et plaidé pour un «amour de la vie» dans toutes ses dimensions.
Après avoir déjeuné à l’archevêché de Monaco, le pape a rejoint le stade Louis II. Il a fait le tour du terrain en papamobile parmi les 15’000 fidèles qui l’attendaient depuis la mi-journée, avant de rejoindre la sacristie; pendant qu’il se préparait, la famille princière, installée sur l’estrade, priait le chapelet avec la foule.
Assise à côté d’un groupe de scouts au milieu de la pelouse qui accueille habituellement les matchs de football de l’AS Monaco, Nathalie, une grand-mère monégasque, ne peut pas masquer sa fierté. «L’Église catholique, c’est ce que nous sommes; c’est notre foi, notre identité», témoigne celle dont le père avait rencontré Paul VI. En souriant, elle explique que «les paroles apaisées» qu’elle a entendues dans les discours du pape ont été une grande consolation pour elle qui a récemment perdu sa petite-fille.

Aux côtés des nombreux locaux, les nationalités se mélangent autour de drapeaux qui témoignent des origines variées des habitants de la principauté: Français, Portuguais, Libanais, Polonais, Tchèques… Au tout premier rang, dans un groupe de la communauté des Philippines qui travaille dans l’ombre du Rocher, Tala mitraille avec son téléphone chaque instant. «Nous sommes bénis par sa présence, c’est une grande grâce», s’exclame-t-elle en serrant contre elle le chapelet en plastique offert à tous les participants.
«C’est la miséricorde qui sauve le monde»
Dans une atmosphère très recueillie et solennelle, la messe a finalement commencé. Dans son homélie, le pontife a commenté le passage de l’Évangile dans lequel Jésus est mis en cause par les responsables religieux juifs, qui veulent le condamner à mort pour avoir ressuscité Lazare. Le pape a décrit la réaction des autorités juives au Christ comme «l’action occulte d’autorités puissantes, prêtes à tuer sans scrupule», avant d’ajouter: «n’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui?».
«Encore aujourd’hui, combien de calculs sont faits dans le monde pour tuer des innocents; combien de fausses raisons sont revendiquées pour les éliminer!», s’est indigné le chef de l’Église catholique. Mais «face à l’insistance du mal», il l’a assuré: «c’est la miséricorde qui sauve le monde».
Léon XIV a mis en garde les fidèles présents contre l’idolâtrie, c’est-à-dire le fait d’avoir «une vision réduite» qui diminue Dieu et «l’esprit de l’homme». «Les idolâtres sont des personnes à la vue courte: ils regardent ce qui captive leur yeux en les aveuglant», a-t-il expliqué, citant «l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent», et celle de «la beauté qui se fait vanité», ou encore celle qui «rend les cœurs indifférents».
«Ne nous habituons pas au fracas des armes»
S’élevant contre les guerres qui ensanglantent l’actualité, il a assuré que «chaque vie brisée est une blessure infligée au Corps du Christ». «Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images de guerre!», a-t-il exhorté, assurant que «la paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre de cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre».
Le pape a ensuite appelé l’Église à Monaco à «témoigner en vivant dans la paix et la bénédiction de Dieu». Il a assuré que la source de la paix était « l’amour pour la vie» de Dieu, que ce soit pour «la vie naissante et indigente, à accueillir et à soigner sans cesse», pour «la vie jeune et âgée, à encourager dans les épreuves de chaque âge» ou encore pour «la vie en bonne santé ou malade». Il a conclu en encourageant la Principauté à être «un lieu d’accueil, de dignité pour les petits et les pauvres, de développement intégral et inclusif». (cath.ch/imedia/cd/bh)






