Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (Photo:   CFCM)
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Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (Photo: CFCM)

Face à la propagande djihadiste, le Conseil français du culte musulman réagit

09.05.2016 par Jacques Berset

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), avec l’appui de l’ensemble des organisations musulmanes de France, a organisé le 8 mai 2016 à Paris la première réunion du Conseil Théologique du CFCM. L’un de ses buts est la prévention de la radicalisation des jeunes musulmans.

Il vise à  élaborer un contre-discours pour répondre à la propagande djihadiste qui se répand en particulier sur internet.

Ainsi, le Conseil Théologique du CFCM pourra élaborer un “contre-discours” basé sur un argumentaire théologique solide, en réponse aux “discours” véhiculés par certains et qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment auprès des jeunes, note le CFCM.

Contextualiser la pratique musulmane en France

La mise en place de ce Conseil Théologique du CFCM, tout en reflétant la diversité de l’islam de France, a pour objectif notamment d’engager la réflexion et l’effort intellectuel (l'”ijtihad”) sur la contextualisation de la pratique religieuse musulmane en France. Il pourra ainsi contribuer à l’effort de la réforme qui a toujours été porté par les savants musulmans, note le CFCM.

Le Conseil Théologique est composé de savants et de théologiens désignés par les Fédérations et les Grandes Mosquées statutaires du CFCM. Les missions du Conseil Théologique s’articuleront autour des problématiques liées à la pratique du culte musulman en France. Le Conseil Théologique pourra être saisi par le CFCM sur des questions globales qui concernent l’ensemble des musulmans de France et sur lesquelles il est souhaitable d’élaborer une position collégiale et commune sur le plan théologique entre les différentes composantes de l’islam en France.

Suite aux attentats djihadistes sur sol français

Le Conseil Théologique pourra mener des réflexions sur des sujets de société sur lesquels le CFCM est saisi. Ceci est par exemple le cas de la position du Culte Musulman sur la question de “la fin de vie”. Le CFCM, instance élue considérée par l’Etat comme représentative des quelque 2’500 mosquées de France,  est souvent critiqué au sein de la communauté musulmane de France, qui compte 4 à 5 millions de fidèles. On lui reprochait jusqu’à maintenant son manque d’actions concrètes, mais les derniers attentats sanglants des djihadistes sur le sol français ne l’ont pas laissé indifférent et ont démontré la nécessité urgente d’un tel Conseil Théologique pour contrer le discours des extrémistes.

La réunion fondatrice de ce  “Conseil théologique”, qui s’est tenue le 8 mai à Paris, a pu compter sur la présence de diverses sensibilités de l’islam, dont l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), issue des Frères musulmans, et le Tabligh, qui regroupe les piétistes littéralistes. Les salafistes, par contre, n’y ont pas participé. Il existe un projet de “certification” des imams pour s’assurer que les prédicateurs intervenant dans les mosquées respectent les valeurs républicaines.  (cath.ch-apic/cfcm/be)


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