«Faire taire les armes est la priorité»

Genève: Le Saint-Siège condamne une nouvelle fois l’intensification de l’armement en Syrie

Genève, 30 mai 2013 (Apic) La solution au drame syrien ne passe pas par une intensification du conflit armé, «mais par le dialogue et la réconciliation». Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à Genève, a répété devant le Conseil des droits de l’Homme, le 30 mai 2013, la position du Vatican face à la guerre qui déchire la Syrie, alors qu’une conférence de paix s’annonçant particulièrement délicate doit bientôt se tenir dans la ville du bout du lac.

Mgr Tomasi place ses espoirs dans cette conférence dite «Genève 2», qui doit avoir lieu en juin sous la houlette des Etats-Unis et de la Russie. Le gouvernement de Damas sera également autour de la table des négociations, tandis que l’opposition refuse pour l’heure de participer, exigeant comme condition préalable le départ du président syrien Bachar Al-Assad.

«Un cessez-le-feu immédiat arrêtera le bain de sang», a encore espéré le diplomate, rappelant qu’un gouvernement d’union nationale pourrait assurer «une coexistence pacifique durable et constructive de toutes les communautés de la société syrienne».

«Faire taire les armes est la priorité», a affirmé le représentant du Saint-Siège. Cette injonction résonne avec une force particulière alors que l’Union européenne vient de lever l’embargo sur les livraisons d’armes aux rebelles syriens, même si aucune décision concrète ne devrait avoir lieu avant le mois d’août.

Par ailleurs, suite aux accusations d’utilisation d’armes chimiques dans le conflit de la part des forces du président Bachar Al-Assad (ce que Damas a qualifié de «propagande» et de «mensonge»), le président américain Barak Obama serait lui aussi en train de prendre en considération l’éventualité d’armer l’opposition. Certains pays de l’Union européenne craignent par contre que des armements sophistiqués ne tombent aux mains de djihadistes et de militants d’Al-Qaeda, qui ne manqueraient pas de s’en servir contre les intérêts occidentaux.

Fournir des armes aux belligérants, un «péché grave».

Déjà, lors de son voyage au Liban en septembre 2012, Benoît XVI avait qualifié de «péché grave» l’importation d’armes dans ce pays déchiré par un conflit qui prend de plus en plus des allures de guerre entre communautés. «L’importation d’armes (en Syrie, ndlr) doit cesser une fois pour toutes, car sans l’importation d’armes, la guerre ne pourrait pas continuer», avait-il souligné à bord de l’avion qui le menait à Beyrouth. (apic/imedia/mm/be)

30 mai 2013 | 17:49
par webmaster@kath.ch
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