Faire un «break spirituel»

Berne: «Chercher le centre» ou la méditation au service des stressés du travail

Bienne, 13 décembre 2011 (Apic) «Chercher le centre» est un espace de méditation tout public, rendez-vous hebdomadaire né d’une collaboration entre réformés et catholiques romains de la ville de Bienne. Décryptage d’une initiative œcuménique et bilingue originale.

Une quinzaine de personnes prennent place, dans une atmosphère de recueillement, sur des chaises disposées en demi-cercle. Au centre, une bougie propage une frêle lumière. Sur la scène, un musicien, pianiste, violoniste, flûtiste, clarinettiste ou trompettiste, distille son art. Entre chaque intermède musical et chaque parenthèse de silence, un animateur, abbé, prêtre, pasteur, théologien laïc ou catéchiste, lit, en français et en allemand, des textes bibliques et profanes nimbés de poésie.

Différente au gré des semaines, la scénographie sobre et chaleureuse de «Chercher le centre», un espace de ressourcement et de méditation ouvert à tous publics, métamorphose la salle Farel de Bienne, les jeudis entre 12 h 30 et 13 h.

Dépasser les frontières des religions

Prévus jusqu’en juin 2012, ces rendez-vous de quête spirituelle ont été pensés – et c’est là leur originalité – dans un esprit de bilinguisme et d’œcuménisme. Ils sont le fruit d’une étroite collaboration, aussi bien financière qu’organisationnelle, entre les paroisses réformées et catholiques romaines, francophones et alémaniques, de Bienne. «Nous avons de la sorte répondu au classique défi biennois», constate avec satisfaction Marco Pedroli, un des principaux initiateurs de «Chercher le centre».

Le pasteur des paroisses réformées de Bienne et de Nidau souligne que ces temps de méditation ambitionnent de «dépasser les frontières rigides des dogmes et des religions». Et de préciser: «Nous avons voulu éviter tout prosélytisme, car nous nous adressons à tous les publics, indépendamment des confessions. Prêches et prédications n’ont donc pas droit de cité à la salle Farel.» Comme l’explique Marco Pedroli, «Chercher le centre» souhaite, entre autres, à attirer des personnes «qui ne fréquentent pas la messe ou le culte ou qui éprouvent le besoin de retrouver un moment de paix et de sérénité au milieu d’une journée de travail marquée par le stress».

Respirer pour éviter le burn-out

«Il s’agit de profiter d’une demi-heure de tranquillité, de faire un ’break spirituel’ en écoutant de la musique et des poèmes. Bref, ’Chercher le centre’ offre à l’âme un espace de respiration qui fortifie l’intériorité», renchérit la théologienne Elsbeth Caspar, membre du comité d’organisation.

La responsable du centre de formation de la paroisse catholique romaine de Bienne en est convaincue: ces espaces de méditation, de spiritualité et de ressourcement font du bien dans un monde du travail où dominent les valeurs de la performance et du productivisme. «L’univers professionnel nous enjoint d’atteindre des buts. Or, cette nécessité de réaliser des objectifs est à la fois fascinante et dangereuse. Fascinante par le défi qu’elle contient, mais dangereuse en raison des risques de burn-out et de dépression qu’elle implique», argumente Elsbeth Caspar. (apic/euda/nd)

13 décembre 2011 | 15:36
par webmaster@kath.ch
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