Trop tôt pour parler d’inculturation catholique dans l’ex-Urss

Fédération de Russie: Quatre évêques catholiques en visite à Rome

Moscou, 5 février 2001 (APIC) Pour la seconde fois, les évêques russes rencontrent le pape «ad limina»,. Pour les deux pasteurs des nouvelles administrations de Saratov et d’Irkoutsk, crééées en 1999, cette visite à Rome est une première. Il y a cinq ans, le rapport des évêques au pape avait été symbolique: l’Eglise balbutiante manquait encore de tout. Aujourd’hui, il est encore trop pour parler d’inculturation catholique en Russie.

La visite a lieu à la veille du dixième anniversaire de l’institution des structures canoniques pour les catholiques de Russie et du Kazakhstan. Les quatre évêques catholiques résidant dans la fédération de Russie entament ce lundi leur traditionnelle visite quinquennale à Rome. Il s’agit des administrateurs apostoliques de la Russie européenne septentrionale (Moscou), Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, de la Russie méridionale (Saratov), Mgr Clemens Pickel, de la Sibérie Occidentale (Novosibirsk), Mgr Joseph Werth, et de la Sibérie Orientale (Irkoutsk), Mgr Jerzy Mazur. Sans connaître la réforme conciliaire, quelques fidèles avaient conservé la foi dans la clandestinité et malgré la persécution. La présence catholique s’élève aujourd’hui à un demi million de fidèles de ite latin, même si les statistiques officielles avancent le chiffre de 1% de catholiques (soit un million et demi); de 50’000 à 60’000 d’entre eux ont quelque rapport avec l’Eglise, même s’il est limité.

Les catholiques ont réussi à ouvrir 190 paroisses (150 avant la persécution). Plus de 200 prêtres travaillent dans les quatre administrations apostoliques, des étrangers pour la plupart dont une majorité de Polonais. Beaucoup appartiennent à des instituts religieux. Les religieuses sont présentes dans presque toutes les paroisses. Il y a aussi des missionnaires appartenant à des mouvements ecclésiaux (Focolari, Chemin néo-catéchuménal, Communion et Libération…).

Les autorités ne favorisent pas l’activité religieuse des communautés les moins importantes et accordent une préférence très nette à l’orthodoxie et aux religions qui peuvent faire preuve d’un enracinement plus grand dans le territoire. Les catholiques, qui représentent une toute petite minorité, appartiennent en outre aux classes les plus humbles. Les évêques sont ainsi contraints de demander de l’aide à l’extérieur pour ouvrir les centres pastoraux nécessaires et les maintenir en service.

Mémoire des nouveaux martyres

Rouvert en 1993, le séminaire a retrouvé sa place historique à Saint-Pétersbourg en 1995. Un petit séminaire est en service à Novosibirsk. Il y a aussi un Collège de Théologie à Moscou pour les laïcs, dirigé par les Jésuites, qui a des filiales à Saint-Pétersbourg, Kaliningrad, Novosibirsk, Saratov et Orenburg. La Caritas a créé un bon réseau et est présente un peu partout dans le pays. Un hebdomadaire catholique est complété par diverses publications de moindre importance. Il y a une libraire des Pauliniens dans le centre de Moscou, un centre de télévision des Jésuites à Novosibirsk et deux chaînes de radio à Moscou et à Saint-Pétersbourg.

Dans un pays où l’on avait tenté d’effacer même la mémoire du christianisme, la mémoire des nouveaux martyrs est le capital principal du catholicisme russe, écrit Fides. On travaille beaucoup pour recueillir et publier les témoignages qui les concernent. On manque toujours de littérature et de subsides pour ce qui concerne la prière et la catéchèse: le texte officiel du Missel Romain en langue russe n’a été approuvé que récemment et il n’a pas encore été publié. De nombreux laïcs ont commencé à se former, mais, écrit Fides, il faudra encore du temps avant de parler d’inculturation catholique en Russie. (apic/fs/cip/mjp)

5 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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