Les évêque suisses ont rencontré le pape pendant deux heures | © KNA
Suisse

Femmes: le pape exhorte les évêques suisses à une perspective synodale

«Le pape François nous a dit que c’est chemin faisant qu’il fallait découvrir la place de la femme dans notre Église», a déclaré Mgr Félix Gmür, président de la Conférence des évêques suisses (CES), lors d’une conférence de presse organisée au Vatican, le 29 novembre 2021, dans les locaux de la Garde Suisse.

La question spécifique de la place des femmes a été portée à l’attention du pontife par les évêques suisses lors de leur rencontre. Elle avait été soulevée en amont par le Conseil des femmes, une entité rattachée à la CES, qui avait transmis aux évêques une note. «C’est un sujet que nous avons abordé à chaque fois, dans chaque dicastère», assure Mgr Gmür. 

Le pontife, explique le prélat, n’a «fermé aucune porte» sur cette question, mais a demandé du temps. «Nous n’avons pas la réponse maintenant. Lui non plus», a-t-il affirmé. Il a aussi souligné l’importance d’un dialogue «qui se soucie de l’unité». 

«L’important sur ce sujet, c’est la discussion», estime l’évêque de Bâle. «Si je dis ‘Il faut que les femmes soient ordonnées prêtres’, on ne peut plus discuter, on ne peut que répondre par oui ou par non», explique-t-il, et ça, le pape n’aime pas!».

Le Bâlois estime que l’Église est en chemin pour trouver en son sein un rôle «plus actif et plus pertinent» pour les femmes. «Parfois ça va vite», souligne-t-il, expliquant avoir constaté une présence féminine nettement plus importante dans les dicastères de la Curie romaine lors de sa visite ad limina

Une semaine «sous le signe synodal»

Mgr Gmür s’est réjoui de l’atmosphère de «fraternité vraiment amicale» qui a régné tout au long de la semaine. «On est vraiment en chemin ensemble», analyse-t-il, affirmant que cette séquence s’était déroulée sous le signe du processus mondial synodal.

La rencontre avec le pape François, confie-t-il, a d’ailleurs principalement porté sur cette volonté de «renouveler notre Église». Sur ce point, le pontife a insisté sur l’importance de l’écoute de l’Esprit Saint, qui seul «va permettre le changement dans l’Église». 

«Il a aussi insisté sur la nécessité d’être en chemin, ce qui veut dire qu’on a pas les réponses avant d’entreprendre la marche ensemble», a expliqué Mgr Gmür. «Si on a déjà la réponse, à quoi bon cheminer?»

«Les questions et les réponses doivent se développer chemin faisant», a-t-il poursuivi. «Peut être qu’à la fin on aura des réponses, peut être qu’on aura d’autres questions ou peut-être que certaines réponses ne nous satisferont pas», a-t-il expliqué, mais il faudra continuer. 

Le pontife a enfin insisté sur la nécessité d’être attentif à la prière dans ce processus synodal. Et a insisté sur l’importance de laisser une place importante aux marginalisés.

Report pour le missel

Parmi les thèmes abordés par les évêques suisses pendant leur courte séance ordinaire organisée exceptionnellement ce lundi à Rome, la question de la nouvelle traduction du missel francophone a été étudiée. Un manque de papier – peut-être lié au Covid-19, avance Mgr Gmür – fait qu’il n’a pour l’heure pas pu être introduit, à l’exception de rares exemplaires, dans les paroisses concernées. La date choisie initialement était le premier dimanche de l’Avent.

Les évêques ont en conséquence décidé de reporter l’introduction du missel français. Une date sera annoncée «en fonction des délais de livraison». 

Une nomination et un départ

Lors de l’assemblée, les évêques ont voté «à l’unanimité» pour la nomination du journaliste Davide Pesenti au poste de secrétaire général de la Conférence des évêques suisses, qui doit prendre son poste le 1er mars 2021. Une nomination qui ouvre selon l’évêque de Bâle une «nouvelle période pour le secrétariat». 

Mgr Gmür a tenu a remercier son prédécesseur, Erwin Tanner, et s’est dit «très reconnaissant pour son travail. Toujours disponible, toujours correct, toujours ponctuel, et toujours cordial avec les évêques, il a effectué un travail énorme pendant ces années». 

Le Bâlois a ensuite annoncé le départ pour la fin du mois de février d’Encarnación Berger-Lobato, la responsable du marketing et de la communication auprès de la conférence des évêques de Suisse. Il l’a chaleureusement remercié pour son travail et l’a encouragé pour le nouveau chemin qu’elle s’apprête à entreprendre (cath.ch/imedia/cd/bh). 

Encarnación Berger-Lobato: «Je vais travailler dans un Home»
Vous quittez la direction de la communication de la CES parce que vous vous apprêtez à un changement de carrière?
Encarnación Berger-Lobato: Oui! Je vais désormais travailler dans un home pour m’occuper, en tant qu’infirmière, de personnes âgées et de malades. 
C’est un changement de vie radical?
Oui, j’ai réfléchi pendant deux années avant de prendre cette décision, j’en ai discuté avec ma famille naturellement, et voilà! Je vais commencer dès le premier mars cette nouvelle aventure. 
Qu’est-ce qui vous a décidé?
J’ai fait un stage, et je me suis rendu compte que c’est un travail plein, qui apporte beaucoup. Ça ouvre l’horizon au quotidien, parce que cela aide à relativiser largement ce qui se passe dans sa vie. Et c’est un travail qui donne un sens concret, un rapport quotidien aux personnes. 
Je garde un bon souvenir de mon passage à la CES! Je vais certainement pleurer au moment de partir! Mais je reste dans l’Église suisse, je serai toujours là! CD

Les évêque suisses ont rencontré le pape pendant deux heures | © KNA
30 novembre 2021 | 08:23
par I.MEDIA
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