Rome: Le pape demande pardon pour les abus sexuels commis par des prêtres
Ferme opposition à toute forme de manipulation éducative
Rome, 11 avril 2014 (Apic) Comme Benoît XVI avant lui, le pape François a pour la première fois demandé «pardon» pour les crimes pédophiles commis par certains membres du clergé. Il s’est exprimé le 11 avril 2014 devant les membres d’une délégation du Bureau International catholique de l’enfance (BICE) reçus en audience au Vatican. Le pape François s’est ensuite vivement élevé contre la pédagogie expérimentale et la «manipulation éducative» actuelle, la comparant aux pratiques des «grandes dictatures génocidaires du 20e siècle».
«Je me sens appelé (…) à demander pardon» pour les actes que certains prêtres «ont commis, pour les abus sexuels sur des enfants», a ainsi affirmé le pape de façon improvisée, formulant pour la première fois des excuses explicites sur ce sujet. «L’Eglise est consciente de ce mal!», a-t-il encore lancé. Et de poursuivre: «Nous ne voulons pas reculer en ce qui concerne le traitement de ce problème et les sanctions qui doivent être prévues». Au contraire, a ajouté le souverain pontife, «je crois qu’elles doivent être très fortes! On ne joue pas avec les enfants!»
Dans la lignée de son prédécesseur, le pape François s’est fermement engagé dans la lutte contre la pédophilie depuis le début de son pontificat, s’exprimant à plusieurs reprises sur la question et mettant récemment en place une commission pour la protection de l’enfance.
En juin 2010, , au cours de la messe célébrée au Vatican au dernier jour de l’Année sacerdotale, Benoît XVI avait demandé pardon avec «insistance», au nom de l’Eglise, pour les actes pédophiles commis par des membres du clergé.
Manipulation éducative
«Je voudrais manifester mon refus de tout type d’expérimentation éducative avec les enfants», a ensuite affirmé le pape devant les membres du BICE. «On ne peut faire des expériences avec les enfants et les jeunes», a-t-il insisté. A ses yeux, «les horreurs de la manipulation éducative que nous avons vécues lors des grandes dictatures génocidaires du 20e siècle n’ont pas disparu». Au contraire, «elles sont encore d’actualité, a-t-il poursuivi, sous des aspects différents, avec des propositions prétendument modernes qui forcent les enfants et les jeunes à marcher sur le chemin dictatorial de la pensée unique».
Le pape François a demandé à toutes les personnes impliquées dans la défense des Droits de l’homme de soigner une bonne «formation anthropologique», afin de répondre aux «problèmes et aux défis que posent les cultures contemporaines et la mentalité diffusée par les médias». (apic/imedia/mm/bb)



