Figure de proue jésuite, le Père Fernando Cardenal fut ministre de l’éducation dans le gouvernement sandiniste du Nicaragua, après l’insurrection populaire qui a mis fin à la cruelle dictature de Somoza. Après avoir refait un noviciat d’un an, l’ancien prêtre-ministre, expulsé de la Compagnie de Jésus en 1984, en fait de nouveau partie depuis deux ans. Il est désormais professeur à l’UCA, l’Université catholique des jésuites à Managua.
Fernando Cardenal, de l’utopie sandiniste à la réintégration dans la Compagnie de Jésus
«Fernando Cardenal avait espéré jusqu’à la fin sauver la qualité morale du mouvement sandiniste, mais il a dû se rendre à l’évidence: des hommes comme les frères Ortega ou Tomas Borge, rendus célèbres par leur lutte contre la dictature, sont devenus des opportunistes, des capitalistes. Cela a été très dur pour lui, parce qu’il croyait en l’idéal de Sandino».
Le Père Kolvenbach constate cependant que le peuple nicaraguayen, soumis désormais au modèle néo-libéral, est encore plus pauvre qu’avant, tandis que les anciennes familles possédantes sont revenues au pouvoir. «De tels échecs sont vraiment un point d’interrogation pour la théologie de la libération: pourquoi un mouvement comme la révolution sandiniste, qui représentait beaucoup d’espoir pour les théologiens de la libération et qui semblait tout à fait dans la ligne de la promotion de la justice, n’a pu survivre ? Ce n’est pas seulement l’agression étrangère qui est en cause, les sandinistes ont aussi commis de graves fautes, notamment à l’égard des populations indigènes». (apic/be)



