Sri Lanka: L’Etat inquiet de la baisse des vocations monastiques chez les bouddhistes
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Campagne gouvernementale pour sensibiliser les jeunes
Colombo, 14 juin 2001 (APIC) Le gouvernement sri lankais s’inquiète de la baisse du nombre des vocations monastiques chez les bouddhistes. Le Premier ministre Ratnasiri Wickremanayake, également responsable de «Buddha Sasana», la plus haute autorité du bouddhisme au Sri Lanka, a lancé une campagne de publicité dans les principaux journaux du pays pour appeler les jeunes bouddhistes sri-lankais à embrasser la vocation monastique et revêtir la robe safran des moines bouddhistes du pays.
Pour le 2’309e anniversaire de l’introduction du bouddhisme dans le pays, le ministre avait dans un premier temps fixé comme objectif l’ordination de 1’000 jeunes hommes dans un premier temps et de 1’000 autres avant douze mois. Las, 671 jeunes seulement se sont déclarés intéressés par cette proposition.
Face à ce relatif insuccès, Seelaratne Senarath, porte-parole du Premier ministre, a déclaré début juin que l’ordination collective initialement prévue était reportée sine die et qu’une simple cérémonie de «remise de ces jeunes aux temples».
Le nombre des moines bouddhistes au Sri Lanka est actuellement de 39’000, un chiffre que le «Buddha Sasana» juge insuffisant pour assurer une présence significative dans chacun des très nombreux temples du pays.
Dans l’argumentaire développé le mois dernier dans les publicités diffusées par voie de presse, le Premier ministre a mis en avant le fait que le bouddhisme est aujourd’hui menacé au Sri Lanka – dont 69% des presque 20 millions d’habitants sont bouddhistes. Il a mis en garde contre un complot visant spécifiquement les bouddhistes, sans toutefois en préciser la nature.
Certains observateurs rappellent que, ces derniers mois, des responsables bouddhistes ont exprimé leur réserve face à des conversions, nombreuses selon eux, de bouddhistes au christianisme, fruit de l’activisme de certaines communautés chrétiennes présentes dans des régions reculées du pays.
Depuis 1972, date de la mise en place de la République démocratique du Sri Lanka, le bouddhisme est religion d’Etat. Les liens qui existent entre l’Etat et la religion bouddhiste sont ambivalents. D’une part, le gouvernement est dominé par les Cinghalais, et, d’autre part, le Sri Lanka est un pays plurireligieux et multiethnique où cohabitent bouddhistes (69 % de la population), hindous (16 %), musulmans (7 %) et chrétiens (8 %) ainsi que Cinghalais et Tamouls. (apic/eda/pr)



