Feu vert donné au projet contesté: recours en vue
New York: Forte opposition à la mosquée dite «Ground Zero»
New York, 11 août 2010 (Apic) Un cabinet juridique conservateur fera appel de la décision accordant le feu vert à la construction d’un centre communautaire islamique à deux rues de «Ground Zero», terme par lequel on désigne aux Etats-Unis le site des attentats du 11 septembre 2001 à New York.
Le Centre américain pour le droit et la justice (ACLJ), à Washington, s’oppose à la construction de la Cordoba House, à Manhattan, car le bâtiment qui se trouve actuellement à cet endroit est, selon lui, «un élément emblématique du patrimoine culturel et historique de l’Amérique», indique l’agence Religion News Service (RNS).
Le 3 août, la Commission de préservation des sites historiques de la ville de New York a décidé à l’unanimité de ne pas accorder le statut de site historique au bâtiment, éliminant ainsi un obstacle clé à la planification et la construction du centre islamique.
L’ACLJ, qui représente un pompier retraité de la ville de New York, a qualifié cette décision de «profondément insultante», se disant prêt à «lancer une action en justice au nom de notre client pour contester cette mauvaise décision et mettre un terme à ce projet.»
La tension s’est accentuée ces dernières semaines autour de ce que les opposants au projet appellent «la mosquée de Ground Zero», tandis que les partisans font valoir qu’il ne s’agira pas d’une mosquée et qu’elle ne se situera pas à «Ground Zero».
L’imam Feisal Abdul Rauf, administrateur principal de la Cordoba Initiative, a déclaré à l’agence Reuters que le projet prévoit un centre communautaire comprenant une salle de prière, qui s’inspirera des Unions chrétiennes de jeunes gens. L’ACLJ a toutefois affirmé dans un communiqué de presse cité mercredi par l’Agence ENI que la décision néglige «le fait qu’il s’agit d’un site historique et sacré qui ne devrait pas être détruit pour construire une mosquée musulmane à la place».
Dans une lettre datée du 20 juillet envoyée à la Commission de préservation des sites historiques, l’ACLJ a affirmé que son opposition «n’est pas fondée sur la peur, l’hostilité ou les préjugés, mais plutôt sur les caractéristiques architecturales et historiques uniques de l’édifice et sur l’intérêt que porte le grand public à la préservation de l’histoire des événements du 11-septembre».
L’imam Rauf a, dans un communiqué, remercié la Commission pour sa «considération soigneuse et réfléchie», se disant reconnaissant envers elle et envers les élus locaux pour «leur attachement aux idéaux démocratiques et constitutionnels qui nous tiennent à cœur et que le centre communautaire que nous espérons construire à cet endroit veillera à honorer.»
Un communiqué commun de la Ligue new yorkaise des droits et libertés et de la Ligue américaine des droits et libertés a salué la décision, affirmant qu’elle met en avant «les valeurs fondamentales de notre pays, sans laisser les préjugés barrer la route à l’Etat de droit».



