France: Le numérique suscite des tensions entre radios chrétiennes

Fin de la collaboration entre Radio Notre-Dame et Fréquence protestante?

Paris, 8 novembre 2009 (Apic) Avec le passage à la radio numérique terrestre, Radio Notre-Dame et Fréquence protestante pourraient cesser de partager leur temps d’antenne, indique le quotidien catholique français «La Croix».

Nées au début des années 1980, Radio Notre-Dame (RND), fondée à l’initiative de Mgr Jean-Marie Lustiger, et Fréquence protestante, antenne associative soutenue par les Églises de la Réforme, partagent la même fréquence (100.7) sur la bande FM en Île-de-France, à raison de 75 % de temps d’antenne pour la première et 25 % pour la seconde. Or, les deux stations sont aujourd’hui confrontées à l’évolution des technologies : d’ici à dix ans, toutes les radios devront passer de l’analogique au numérique, après un temps de transition de plusieurs années. À terme, la diffusion analogique sera supprimée.

Fin 2008, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a procédé à un appel à candidatures en vue de l’attribution des canaux numériques. C’est là que les chemins divergent. RND demande en effet un canal propre de diffusion, qu’elle occuperait à 100 % : « Toutes les radios chrétiennes ont la possibilité de se développer, et il serait dommage d’y renoncer », argumente son président Bruno Courtois.

Mais pour Fréquence protestante, qui perdrait ainsi son partenaire, cette potion est amère : « Les rencontres entre nos deux radios pour envisager de continuer ensemble sur le numérique ont abouti à une fin de non-recevoir de la part de Radio Notre-Dame. De cette conception de l’œcuménisme, nous prenons acte », commente Michelle Gaillard, directrice d’antenne.

Selon «La Croix», si RND (3 millions d’euros de budget annuel, 40 salariés) a les moyens de se développer seule, Fréquence protestante (moins de 200’000 «‚¬ de budget annuel, des animateurs bénévoles) a besoin d’un partenaire. À défaut d’une collaboration avec l’antenne catholique, la station protestante s’est vu attribuer un nouveau partenaire par le CSA : une radio associative de tendance ésotérique, spécialisée dans l’ufologie (la « science » des ovnis). « Nous avons fait connaître au CSA qu’il était pour nous inenvisageable d’avoir un tel partenaire », signale Michel Vaquin, président de Fréquence protestante.

Aujourd’hui, indique encore le quotidien catholique français, chacun s’accorde à reconnaître que la collaboration actuelle – qui se limitait pour l’essentiel à un partage symbolique d’antenne – n’était pas satisfaisante, «mais elle avait le mérite d’exister», souligne Michel Vaquin. (apic/Elodie Maurot/cx/pr)

8 novembre 2009 | 16:30
par webmaster@kath.ch
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