Suisse

Fin des magazines religieux RTS: «Un appauvrissement du service public»

Lausanne, 18.11.2015 (cath.ch-apic) La décision de la RTS de supprimer en 2017 les Emissions religieuses magazine (Faut pas croire, Hautes Fréquences et A vue d’esprit) alimente la presse et les réseaux sociaux de Suisse romande. Tour d’horizon.

Facebook n’est pas le dernier à réagir à la décision de la RTS, annoncée le 17 novembre: «Scandaleux! Pourquoi faire cesser ce qui apporte tant à des milliers d’auditeurs et de téléspectateurs francophones, bien au-delà des frontières suisses?», écrit une internaute française. «Une très mauvaise nouvelle. C’est le moment de soutenir RTSreligion face à cette mesure d’économies absurde», écrit un autre. «Par les temps qui courent, ce n’est pas le moment de supprimer le peu d’émissions religieuses de la TV. Ils pourraient faire des économies ailleurs», renchérit un autre.

«Démembrement ahurissant»

Pour le pasteur Blaise Menu, sur Facebook, «certains ne manqueront pas de se réjouir de cette décision unilatérale, soit parce qu’ils ont une dent contre le religieux, soit parce qu’ils ignorent tout du travail déployé par les équipes concernées». Le pasteur genevois poursuit: «Le service public va supprimer tous les émissions d’information phares de RTSreligion, celles à haute valeur journalistique ajoutée, pour ne conserver notamment qu’une desserte cultuelle et célébrative qui ressemble fort à une concession décorative».

«Voilà, conclut le message, qu’au moment où la société a plus que jamais besoin de professionnels avertis et de journalistes compétents dans ces domaines, qui sachent mettre les enjeux en perspective, la RTS se permet de tailler dans ce qui fait l’excellence de ce service et que rien, en l’état, ne pourra remplacer. Avec ce démembrement ahurissant, elle appauvrit son offre de service public et fait mine d’ignorer sa mission qui est de donner au grand public les clefs permettant une bonne lisibilité des enjeux sociétaux, également dans le domaine religieux.»

Une décision difficilement compréhensible

Pour l’abbé valaisan Vincent Lafargue, bien connu dans la médiasphère catholique «La RTS prend là une décision difficilement compréhensible. J’avance deux idées : – soit elle se laïcise sans oser le dire, veut supprimer le religieux – tout le religieux – de ses programmes (peut-être sur ordre extérieur et politique ?) et cache cette décision derrière de «nécessaires réductions de budget», parmi d’autres coupes;
– soit elle vire dans la bêtise totale car supprimer le remarquable travail de l’équipe de RTSReligion, c’est bafouer à la fois une équipe qui tisse des ponts entre religions, montre la nécessaire tolérance entre elles, et à la fois bafouer le public au moment d’une soif spirituelle manifeste et d’un besoin évident de décoder le fait religieux qui emplit l’actualité. Or, comme la direction de la RTS est loin d’être bête, suivez mon regard.»

«La RTS provoque un tollé»

La presse du 18 novembre revient abondamment sur la suppression qui touche les équipes de Cath-Info et de Médias-pro. «En sonnant le glas des émissions religieuses, la RTS provoque un tollé», titre 24 Heures. La RTS supprime ses magazines religieux, écrit La Liberté, qui évoque «la consternation des partenaires chrétiens» de la RTS. «L’état-major de la RTS n’a pas mesuré que nous sommes une véritable rédaction, avec des propositions fortes, une collaboration radio-TV transversale, des contacts précieux dans les milieux religieux», relève un collaborateur de l’équipe. «C’est tout un savoir-faire qui se perd».

Sur son site Internet, le quotidien romand Le Temps titre: «La RTS fâche en supprimant ses émissions religieuses». Dans l’article, Michel Kocher, directeur de Médias-pro, s’indigne: «Nous sommes prêts à nous montrer solidaires des mesures d’économies [de la RTS], mais là, c’est excessif. Son collègue catholique, Bernard Litzler, directeur de Cath-Info, voit plus loin: «Voyez l’importance que prennent les questions religieuses. A plus forte raison alors que le débat politique sur le service public va reprendre. Le besoin pour ce type d’émissions reviendra». (cath.ch)

 

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Bernard Litzler, directeur de Cath-Info (photo Jacques Berset)
18 novembre 2015 | 15:58
par Maurice Page
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