Floride: Un évêque auxiliaire de Miami dénonce les contradictions face aux réfugiés cubains
Politique officielle américaine: «inhumaine, injuste et inefficace»
Miami, 12 octobre 2005 (Apic) Un évêque auxiliaire de Miami dénonce les contradictions de la politique officielle américaine face aux réfugiés cubains qui tentent d’entrer aux Etats-Unis. Mgr Agustin A. Roman la qualifie d’»inhumaine, injuste et inefficace».
L’évêque catholique à la retraite a appelé à l’abolition de la politique américaine à l’égard des immigrants cubains qui tentent d’entrer aux Etats-Unis, appelée «wet foot/dry foot» (pied mouillé/pied sec). Selon cette formule, les Cubains qui arrivent sur la terre ferme américaine peuvent rester et recevoir la fameuse «green card», tandis que ceux qui sont attrapés en mer sont renvoyés sur l’île dirigée par Fidel Castro.
Les Mexicains et d’autres immigrants latino-américains estiment que cette politique est injuste et discriminatoire, et nourrie purement de sentiments anti-castristes. Grâce à la loi dénommée «Cuban Adjustment Act» de novembre 1966, le Congrès américain considère tous les immigrants cubains comme des réfugiés politiques bénéficiant automatiquement de l’asile. Cette loi favorise l’immigration illégale qui est majoritairement économique.
Images pénibles
Le «Cuban Adjustment Act», révisé en 1996, permet aux Cubains de demander un permis de résidence une année et un jour après leur arrivée aux Etats-Unis. Le gouvernement américain n’a aucun accord de rapatriement avec le gouvernement cubain. L’intervention de l’évêque a été provoquée par la récente interdiction de débarquer sur sol américain, aux abords de Haulover Beach fin septembre, faite à 10 réfugiés cubains arrivés sur un bateau qu’ils avaient bricolé eux-mêmes.
Ces «images pénibles», estime Mgr Agustin Alejo Roman, lui-même originaire de Cuba, sont «une démonstration vivante de la manière dont l’interprétation froide de la lettre de cette loi menace de nous déshumaniser». Surtout, poursuit-il, si cette interprétation est placée «au-dessus de l’esprit de la nation dont la loi fondamentale reconnaît à chaque personne le droit à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur». (apic/cns/be)



