Rome: L’Osservatore Romano regrette la «confusion médiatique» autour du livre du pape
Focalisation sur la présence du bœuf et de l’âne devant la crèche
Rome, 30 novembre 2012 (Apic) Quelques jours après la publication du livre de Benoît XVI consacré à l’enfance de Jésus, L’Osservatore romano a regretté, le 29 novembre, que la presse soit passée à côté de l’essentiel de l’ouvrage pour se focaliser sur l’anecdotique, comme la question de l’existence du bœuf et de l’âne de la crèche. Le Père José Maria Gil Tamayo, auteur d’un éditorial publié en Une, voit dans cette «confusion médiatique» un signe «de la sécularisation et de la désertification spirituelle» dont s’inquiète le pape.
Le théologien espagnol se dit ainsi frappé par le fait que «le contenu central du livre de Benoît XVI «L’enfance de Jésus» ait été relégué au second plan par certains médias, au profit de la question de la présence ou non du bœuf et de l’âne dans la grotte de Bethléem». De ce fait, ces médias ont «détourné l’attention du point central de l’œuvre» du pape, regrette celui qui est notamment consulteur au Conseil pontifical pour les communications sociales.
«Au-delà de l’aspect anecdotique, se risque ensuite José Maria Gil Tamayo, la confusion médiatique est peut-être un signe de la sécularisation et de la désertification spirituelle que Benoît XVI considère comme le problème principal que l’Eglise doit affronter aujourd’hui». Il s’agit aux yeux de cette plume récurrente de L’Osservatore Romano «d’un des symptômes les plus douloureux de la marginalisation silencieuse et transversale de Dieu par rapport à la vie personnelle et publique».
Le 20 novembre, le dernier tome de la trilogie était distribué aux journalistes accrédités auprès du Bureau de presse du Saint-Siège, un jour avant sa mise en vente. Un certain nombre d’entre eux ont alors titré sur ce qu’ils interprétaient comme une négation de la part du pape de l’existence du bœuf et de l’âne à la naissance de Jésus.
«Selon Benoît XVI, il n’y avait pas de bœuf ni d’âne dans la crèche», a-t-on pu ainsi lire un peu partout, en particulier dans la presse italienne et américaine. Dans son livre, le pape se contente d’écrire: «On ne parle pas d’animaux dans l’Evangile (…) mais la méditation guidée par la foi, en lisant l’Ancien et le Nouveau Testament liés entre eux, a rapidement comblé cette lacune, en renvoyant à Isaïe 1,3: ›Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître. Israël ne me connaît pas, mon peuple ne comprend pas’».
Un thème déjà abordé
Dans le passé, Benoît XVI avait déjà parlé des animaux de la crèche à plusieurs reprises. En 2007 fut publié un recueil de réflexions de Benoît XVI intitulé The blessing of Christmas (›la bénédiction de Noël’), contenant une méditation rédigée par le cardinal Joseph Ratzinger sur les figures du bœuf et de l’âne. Le théologien y soulignait déjà qu’il était «bien connu que les récits de Noël du Nouveau Testament ne les mentionnent pas» et s’interrogeait sur leur provenance et leur arrivée dans la piété populaire et dans la tradition de l’Eglise.
Outre la référence à Isaïe, le cardinal Ratzinger expliquait que les animaux avaient été introduits dans la crèche, peut-être pour la première fois, par saint François d’Assise. Lors de la messe de Noël du 24 décembre 2011, Benoît XVI affirmait: «Quand, en 1223, François d’Assise célébra Noël à Greccio avec un bœuf et un âne et une mangeoire pleine de foin, une nouvelle dimension du mystère de Noël a été rendue visible». (apic/imedia/cp/mm/bb)



