Forêt amazonienne: les défis anciens et nouveaux pour l’Eglise

L’Amazonie péruvienne est la région naturelle la plus étendue et la moins peuplée du pays: 673’000 km² pour 2,5 millions de personnes, dont 2,13 de catholiques. Avec une telle extension, le défi de toujours provient des difficultés que présente le territoire, le manque de moyens et donc le manque d’ouvriers de l’évangélisation pour suivre les paroisses et pour donner un élan à la Mission «ad gentes».

D’après le Père Angel Pastor, curé de l’Eglise-mère de Iquitos, il s’ajoute à ces défis, au coeur de la forêt amazonienne péruvienne, de nouveaux défis au seuil du troisième millénaire: la défense de la famille, la promotion des jeunes, l’évangélisation des populations indigènes les plus éloignées. «Actuellement, explique le prêtre, nous avons lancé dans toutes les paroisses une campagne pour la prise de conscience des gens sur des questions morales, ainsi que des cours de formation de base sur la foi catholique, en sorte que tous les fidèles, et les jeunes en particulier, comprennent ce que cela veut dire d’être chrétiens. Il existe en outre ce que nous pourrions appeler une `sacramentalisation’, comme défi à l’évangélisation. La majorité des fidèles pense que son engagement chrétien se termine avec la réception du sacrement de la Confirmation. Ce manque d’engagement ne se rencontre pas seulement dans la vie chrétienne, mais aussi dans la vie quotidienne… La majorité des familles qui vivent dans la forêt péruvienne, se trouve face à des fractures et à des désordres provoqués par la grande crise des valeurs qui envahit tout le monde. Le mariage est considéré en de nombreux cas comme un jeu, on ne trouve pas de véritable engagement à fonder de foyers authentiques, et moins encore chrétiens».

Pour le prêtre, une partie du problème a son origine dans la réaction individuelle propre à chaque personne, par ce que, «chez beaucoup de personnes on trouve la conception erronée selon laquelle Dieu étant un Père bon qui pardonne, on peut en conséquence agir librement et sans responsabilité, sans accorder d’importance aux conséquences, puisque, à la fin, tout est pardonné». Un autre problème est celui que le prêtre appelle «la culture du machisme» qui amène nombre d’hommes à penser que «avoir beaucoup de femmes est un signe de force et de masculinité». Cette «culture» explique le taux élevé d’enfants nés hors du mariage: il atteint 56%, d’après les chiffres officiels donnés à Iquitos.

Changer cette mentalité suppose, d’après le Père Pastor, une formation «précoce et solide dans la foi, afin que les fidèles sachent depuis leur toute première enfance, quels sont les engagements de la foi et les engagements qu’ils doivent prendre, ainsi que les renoncements et les efforts que cela comporte…Il faut une insistance particulière et plus grande dans la préparation aux sacrements, dans la formation morale des fidèles et dans leur participation aux activités pastorales et sociales de la paroisse, y compris la Mission ad gentes, ce qui requiert des vocations locales… Nous cherchons à les intéresser à la catéchèse des régions pauvres et marginalisées, afin qu’ils soient eux-mêmes des annonciateurs de l’Evangile, et prennent conscience de l’importance, pour l’Eglise, qu’ils soient des apôtres authentiques» (apic/fide/pr)

6 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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