France: 100’000 signatures pour la campagne nationale pour la remise de la dette
«La France peut faire plus»
Paris, 7 mai 1999 (APIC) A ce jour plus de 100’000 signatures ont été recueillies en France pour demander l’abolition de la dette des pays pauvres en l’an 2000. Le cap des 200’000 signatures devrait être atteint d’ici au prochain sommet du G 7 à Cologne le 19 juin prochain.
Les associations membres de la campagne française pour l’annulation de la dette des pays pauvres, coordonnée par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), ont fait part jeudi à la presse des premiers résultats de cette campagne. Ils se félicitent du dialogue avec le gouvernement français mais jugent ses propositions insuffisantes.
Outre les 100’000 signatures recueillies à ce jour, la campagne française engagée par les Associations de solidarité internationale (ASI) pour l’annulation de la dette a suscité nombre de débats, rencontres et conférences qui tendent à prouver que cette question sollicite un vif intérêt dans le public. Les quinze associations mobilisées (1) réaffirment que ladite annulation doit faire l’objet d’une décision radicale du G 7 à Cologne le 19 juin prochain. Or, au lieu d’une annulation intégrale et sans délai des 41 pays pauvres les plus endettés, le gouvernement français ne retient qu’une liste de 10 pays seulement (1) qui pourraient bénéficier d’une annulation de dette. Cela uniquement au titre de l’aide publique au développement (APD). Les ASI proposent réclament au contraire que la dette commerciale soit également remise pour les 41 pays pauvres les plus endettés. Or cette dette commerciale représente les deux tiers des 85 milliards de dollars de créance de la France.
La moitié de la dette du crédit Lyonnais !
Les ASI admettent que la remise d’une telle somme peut poser problème – au plan des incidences économiques -. Mais, soulignent-elles, c’est affaire de volonté politique. Face au gouvernement qui demande un partage à part égale du fardeau de la remise de la dette entre les divers pays créanciers, les ASI estiment qu’il ne faut pas perdre de temps car les pauvres, eux, n’ont que trop attendu. «La France a les moyens et le devoir de prendre des mesures exemplaires et significatives en matière de solidarité internationale» souligne Jacques Puhl, du CCFD. Et d’expliquer que ces 85 milliards ne représentent jamais que 50 % de la dette du Crédit Lyonnais. Une dette que les contribuables Français ont épongée sans que cela fasse l’objet d’un débat préalable.
Ce déficit de démocratie autour de la dette des pays pauvres est précisément l’objet d’une vive critique des ASI. Elles demandent plus de transparence et un vrai débat public, notamment parlementaire, sur de la remise de la dette, et, par- delà, sur le rôle des institutions financières internationales. Celles-ci se voient reprochées de ne pas faire ce pour quoi elles étaient faites. (apic/jcn/mp)




