Délégation française à l’ancien camp nazi de Mathausen

France: 10e anniversaire de la béatification du jociste Marcel Callo

Rennes, 30 septembre 1997 (APIC) Une délégation d’anciens membres de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) de Rennes en France, accompagnée par Mgr Louis Kuehn, évêque émérite de Meaux, se rendra le dimanche 5 octobre à l’ancien camp de concentration nazi de Mathausen. But de ce pèlerinage: célébrer le 10e anniversaire de la béatification du jociste Marcel Callo, mort précisément le 19 mars 1945 à Mathausen, de dénutrition, de tuberculose et de dysenterie.

La délégation française rejoindra sur place d’anciens jocistes venus d’Allemagne, d’Autriche et de Hongrie. Le motif de l’arrestation Marcel Callo par la Gestapo, avec 12 autres militants de la JOC, est explicite: «Par son action catholique auprès de ses camarades français, pendant son Service du Travail obligatoire (STO) en Allemagne, il s’est rendu nuisible au régime nazi et au salut du peuple allemand».

Né à Rennes en 1921, Marcel Callo apprend le métier de typographe et adhère à la JOC. En 1943, deux jours après un bombardement de Rennes, qui a tué l’une de ses sœurs, il reçoit son ordre de réquisition pour le STO, institué par l’occupant allemand. Envoyé en Allemagne, il travaille dans une usine de revolvers lance-fusées. Mal nourri, souffrant du froid, travaillant de longues heures, il n’est pas loin de «craquer». Il surmonte son désarroi en cherchant la force dans sa foi au Christ. Il rencontre d’autres jocistes, ainsi qu’un prêtre allemand qui parle français, qui célèbre pour eux la messe. Marcel y amène des camarades qui n’ont guère l’habitude de fréquenter les églises. Un groupe chaleureux se constitue autour de lui. Repéré par la Gestapo qui redoute les militants catholiques, il est arrêté. Après quelques mois de prison, il est envoyé à Mathausen, l’un «des camps de la mort», où il subit le même régime d’avilissement et de destruction de la personne pratiqué aussi ailleurs sur des millions de personnes. Marcel Callo meurt à l’âge de 24 ans.

Béatifié le 4 octobre 1987

Jean Paul II a proclamé Marcel Callo «bienheureux», le 4 octobre 1987, jour d’ouverture du Synode des évêques sur «Vocation et mission des laïcs dans l’Eglise et dans le monde, vingt ans après le Concile Vatican II». Cette coïncidence n’est pas fortuite, car Marcel Callo et ses camarades jocistes étaient partis non seulement comme travailleurs en Allemagne, mais aussi comme «missionnaires» pour aider en toute circonstances, et au nom du Christ, leurs frères désarmés.

Il faut reconnaître que c’est en Allemagne que le rayonnement de Marcel Callo s’est le plus répandu, sous l’impulsion de Bernhard Gerardi, Oblat de Marie Immaculée (OMI), redoutable adversaire des nazis. «Sa traduction allemande de la vie de Marcel Callo, datée de 1956, en est à sa 3ème édition», souligne Paul Hibout. Ce dernier, ancien dirigeant national de la JOC de 1932 à 1938, avait organisé à Rome, à la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, la veille de la béatification, une célébration «missionnaire». Les pèlerins avaient évoqué alors non seulement la mémoire de Marcel Callo, mais aussi celle de tous ceux qu’on connaissait, morts en déportation et témoins de l’Evangile». (apic/jcn/ba)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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