De jeunes immigrés, citoyens français et vraiment musulmans

France: 16e session du Secrétariat pour les relations avec l’islam

Paris, 8 juillet 1997 (APIC) Le Père Gilles Couvreur qui dirige le Secrétariat pour les relations avec l’Islam (SRI), se félicite que les jeunes musulmans résidant en France choisissent vraiment l’islam «dans une démarche à la fois religieuse, citoyenne et ouverte au dialogue avec les chrétiens».

Faisant le bilan de son activité de six ans à la tête du SRI, il a également présenté son successeur le frère Gwenolé Jeusset, responsable de la Commission internationale franciscaine pour les relations avec les musulmans.

Le SRI a tenu du 29 juin au 6 juillet sa session de formation intitulée «Islam et christianisme». L’assemblée, formée d’une quarantaine de personnes venues de toute la France, sont des gens qui rencontrent des musulmans très pieux dans les quartiers des villes, dans des associations ou à l’Université. Ils ne peuvent se satisfaire de l’image caricaturale de l’islam, une religion souvent présentée comme un danger politique pour la France.

Ils ont écouté d’abord le frère Gwnolé Jeusset qui a commenté des diapositives de quarante pays d’Asie et d’Afrique qu’il a visités et qui montrent à quel point l’islam est vécu différemment d’un continent à l’autre.

Le Père Couvreur, prêtre de la Mission de France, depuis six ans à la tête du Secrétariat, a insisté sur un point: «A travers bien des méandres et des violences, ici ou ailleurs, le constat le plus important est d’avoir assisté à la naissance d’une génération de jeunes musulmans, nés en France, scolarisés chez nous et citoyens français qui ont choisi vraiment d’être musulmans. Ils ont créé ces dernières années diverses associations de jeunes musulmans français. Ils expriment souvent la demande de rencontrer des jeunes chrétiens. Il arrive que les autorités et l’opinion publique comprennent mal cette exigence de vivre leur foi musulmane dans laquelle ils voient une sorte de danger, alors qu’il s’agit pour beaucoup d’une «démarche vraiment religieuse et citoyenne».

Un souhait pour l’avenir: «C’est qu’il y ait toujours en France des chrétiens disposés à les rencontrer», a ajouté Gilles Couvreur. Ce dernier a également remercié les évêques qui lui ont accordé la possibilité de passer quelques mois dans le silence, en milieu monastique, avec pour compagnons la Bible et le Coran. «Les moines martyrs de Tibhérine nous ont appris en effet que le dialogue islamo-chrétien ne se mettait sur orbite que s’il s’enracinait dans la prière» (apic/jcn/ba)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!