Déclaration du Conseil d’Eglises chrétiennes en France
France: 25ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France
Paris, 6 octobre 2006 (Apic) Il y a tout juste 25 ans la France abolissait la peine de mort et, depuis, cette décision n’a pas été remise en cause. Dans une déclaration publiée vendredi 6 octobre, le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France – qui rassemble la Conférence des évêques de France, la Fédération protestante de France et l’Assemblée des évêques orthodoxes – se réjouit «de cet acquis qui respecte l’inaliénable dignité de l’Homme et de la Vie».
A l’occasion de cet anniversaire, et de la Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, le 10 octobre 2006, le Conseil d’Eglises (Cecef) tient à marquer son soutien aux nombreux mouvements et associations de défense des droits de l’Homme, parmi lesquels l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) qui, depuis, ne cessent de militer pour que cet acquis soit étendu à tous les Etats.
La lutte contre le terrorisme, confortable prétexte
Aujourd’hui, la configuration internationale a profondément changé. Ainsi le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France dénonce qu’on utilise le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour justifier des tribunaux d’exception, qu’on instrumentalise la peur des populations, qu’on instaure la violence et l’arbitraire en certains lieux de la planète où n’existe pas de véritable Etat de droit.
Le Cecef encourage les chrétiens à redoubler de vigilance face aux tentations de revenir en arrière et il rappelle ce qu’il avait affirmé avec force en 1991: «Chrétiens, nous croyons que Jésus-Christ a pris sur lui la violence des hommes au point d’en être la victime, pour la désarmer. Tout disciple du Christ est appelé à devenir artisan de paix, à remplacer la haine et l’angoisse par la miséricorde et la confiance».
Certes, le Cecef reconnaît que dans le passé, même en régime chrétien, on a appliqué la peine de mort aux meurtriers et à d’autres criminels, et que les Eglises elles-mêmes y ont recouru. Mais, poursuit le Conseil d’Eglises, «notre relecture actuelle du témoignage biblique et notre réflexion sur le Dieu de la vie nous conduisent à rejeter fermement ces pratiques antérieures. Fondamentalement, la vie humaine appartient à Dieu seul. C’est Lui qui nous appelle à être au service de la vie et non de la mort». Et le Cecef de se demander: «Un Etat, dans lequel une justice humaine prononce une sentence de vie ou de mort sur des individus, ne s’arroge-t-il pas le droit à un jugement qui n’appartient qu’à Dieu ?» Le Conseil d’Eglises rappelle que «le Seigneur des vivants ne veut pas la mort des pécheurs mais leur conversion (Ez 33, 11). Il a envoyé son Fils non pour juger le monde, mais pour que, par Lui, il soit sauvé. (Jn 3, 17)».
Dans un monde troublé et divisé, où l’on pratique encore massivement les exécutions
capitales, il importe plus que jamais que les chrétiens s’unissent dans une seule et même dénonciation, sereine mais ferme, de ce châtiment contraire à l’espérance en l’accueil de la miséricorde divine, se conclut l’appel signé conjointement par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, par le Pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, et par le Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. (apic/com/be)



