Les protestants inquiets pour les minorités religieuses en Turquie

France: Adhésion de la Turquie à l’UE: lettre de la FPF au président Chirac

Paris, 14 décembre 2004 (Apic) La Fédération protestante de France (FPF) demande au président Jacques Chirac de se faire «l’avocat du droit des minorités religieuses» au Conseil européen sur la Turquie. Dans une lettre envoyée mardi à l’Elysée, la FPF s’inquiète notamment des «mesures vexatoires» subies par le patriarcat oecuménique orthodoxe d’Istanbul.

A la demande du Conseil de la FPF, indique un communiqué daté du 14 novembre. le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la FPF, et président de la Conférence des Eglises européennes (KEK), qui regroupe 125 Eglises anglicanes, protestantes et orthodoxes, a fait parvenir une lettre au président Chirac. Cela à quelques jours du Conseil européen des chefs d’Etats et de gouvernements qui décidera de l’ouverture ou non des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Jean-Arnold de Clermont fait part «des inquiétants échos arrivés du Patriarcat oecuménique des Constantinople (Istanbul) qui subit des mesures vexatoires». La KEK, précise le communiqué, fera dans la semaine un rapport circonstancié. Jean-Arnold Clermont demande dores et déjà au président de la République française de se faire «l’avocat du droit des minorités religieuses».

Rappelant que «les Eglises n’ont pas à se prononcer sur le cadre juridique et les conditions fixées par le Conseil européen», le président de la FPF précise qu’»elles doivent insister sur le fait qu’il leur semblerait incompréhensible que la liberté de religion, le droit des minorités, comme la reconnaissance du génocide arménien, ne soient clairement énoncés comme des exigences intangibles liées à la demande d’adhésion».

Soutien au patriarcat oecuménique

La Turquie interdit au patriarche oecuménique orthodoxe d’Istanbul, Bartolomeo, qui exerce une primature d’honneur sur les orthodoxes dans le monde, d’utiliser le titre oecuménique, lui refusant tout rôle politique et administratif. Les orthodoxes réclament également la réouverture de leur séminaire de Halki, une île dans le Bosphore.

En octobre déjà, la KEK avait soulevé la «question très préoccupante de la situation des minorités chrétiennes» en Turquie tout en estimant que l’entrée de ce pays dans l’UE pourrait avoir «des répercussions positives sur la bonne évolution des relations entre les diverses religions et cultures en Europe et pourrait constituer la pierre d’angle d’un pont entre les mondes chrétien et musulman».

Les vingt-deux membres laïcs et pasteurs du Conseil de la Fédération protestante de France se sont réunis le 11 décembre 2004. Parmi les sujets également évoqués figurent les assises de la FPF tenues les 8 et 9 octobre dernier à Clermont-Ferrand sur le thème «Surmonter la violence».

La Loi de 1905

Le Conseil de la FPF a également planifié les festivités qui se tiendront dans le cadre du centenaire de la Fédération. Les délégués ont enfin abordé les problèmes soulevés par les débats sur la Loi 1905. Suite aux déclarations de Jean-Pierre Raffarin devant les préfets, le 9 décembre dernier, le président de la Fédération protestante de France lui a adressé un courrier, le 13 décembre, à la demande du Conseil de la FPF. Celle-ci exprime sa «perplexité devant le débat public qui s’est ouvert au sein de la majorité concernant l’éventuelle modification de la loi de 1905».

La Fédération protestante, qui se dit «déjà victime collatérale des craintes islamiques ou anti-sectes», ne voudrait pas l’être à nouveau, «pour des raisons internes à la majorité actuelle». Le pasteur Jean-Arnold de Clermont a sollicité un rendez-vous auprès du Premier ministre Raffarin. (apic/com/pr)

14 décembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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