France: Cacophonie autour de l’application du lundi de Pentecôte «jour de solidarité»
Les syndicats montent au créneau
Paris, 29 avril 2005 (Apic) La mise en oeuvre de la «journée de solidarité» s’avère plus complexe que prévu, relève le quotidien français «La Croix» dans un dossier diffusé le 29 avril. Face à l’hostilité des syndicats et d’une partie des Français, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin demande que la loi «soit appliquée par tous».
Face à la mobilisation syndicale et à l’opposition grandissante d’une partie des Français contre le lundi de Pentecôte travaillé, Jean-Pierre Raffarin a rappelé jeudi que «la journée de solidarité est un appel à la fraternité entre tous les Français. C’est un acte de générosité de la société pour elle-même et pour son avenir». Le premier ministre affirme que cette réforme se veut «durable».
L’adoption de ce jour de travail supplémentaire a été décrétée par le gouvernement au lendemain du drame de la canicule de 2003 – qui avait fait près de 15’000 morts en France – dans le but de financer un plan en faveur des personnes dépendantes. Il est fixé cette année au 16 mai.
Des modalités variées et contradictoires
Mais la mise en oeuvre de cette mesure donne lieu à des modalités variées et parfois contradictoires. Du coup, la suppression de ce jour férié auquel les Français s’étaient déclarés dans un premier temps favorables suscite désormais l’hostilité d’une majorité d’entre eux, relève «La Croix».
L’application de ce jour de travail supplémentaire a abouti à des règles du jeu complexes, différentes dans les secteurs public et privé. Si les fonctionnaires et les enseignants n’avaient pas le choix – c’est le lundi de Pentecôte qui a été retenu -, les hôpitaux, collectivités territoriales et entreprises avaient la possibilité, après concertation, de choisir un autre jour. L’application de cette mesure est un tel casse-tête pour les entreprises que le ministère de l’emploi a diffusé cette semaine une circulaire de 11 pages détaillant sous forme de questions-réponses les règles à appliquer dans différents cas de figure. Mais les syndicats, hostiles depuis le début à cette «journée de travail gratuite», ont multiplié les mots d’ordre de grève, contribuant ainsi à brouiller les cartes.
Le sujet n’a pas été négocié avec les partenaires sociaux
Mgr Jean-Charles Descubes, président de la Commission sociale des évêques de France a estimé jeudi à propos du lundi de Pentecôte que c’était «l’exemple même de ce qu’il ne fallait pas faire car le sujet n’a pas été négocié» avec les partenaires sociaux. L’archevêque de Rouen, qui présentait à la presse un document de la Commission, et intitulé «Repères dans une économie mondialisée», a déclaré à propos de l’organisation de cette «journée de solidarité» qu’il ne s’agissait pas d’une question d’ordre religieux, le lundi de Pentecôte n’étant pas une fête liturgique, mais d’ordre social». L’évêque a ajouté qu’»il est aussi important que les hommes aient des jours fériés afin que la vie sociale puisse s’exprimer». (apic/lacroix/bb)



