La violence, une bête qui reste tapie derrière la porte
France: Conclusion des travaux de la 77e Semaine sociale
Paris, 19 novembre 2002 (APIC) La 77ème Semaine Sociale de l’Eglise catholique en France s’est tenue à Issy-les-Moulineaux dans la banlieue parisienne du 15 au 17 novembre. Le président Michel Camdessus et les participants (professeurs, écrivains, prêtres, magistrats, chercheurs, hommes politiques) ont constaté une limite rencontrée lors de cette manifestation: La violence reste une énigme qui, chaque jour, engendre son lot de souffrances et restera là, toujours, bête tapie derrière la porte.
De nos jours, la violence a mille et un visages: la violence de l’injustice économique avec ses millions d’exclus, la violence des jeunes, les violences dont les femmes sont les premières victimes, la violence du terrorisme international. Chacune de ces formes de violence renferme en elle toutes les autres, demeurant une énigme au coeur même de la condition humaine, ont constaté les participants à la Semaine sociale.
Démasquer et analyser la violence pour la combattre
Une série de recommandations a été proposée au terme de la session, relève l’agence missionnaire Misna. La première est de démasquer la violence, de l’identifier, de l’analyser pour mieux la combattre. La seconde est d’y faire face en activant tous les «antidotes» possibles de la violence, en promouvant des valeurs telles la coopération internationale, le respect de la nature, la convivialité. Puis les participants ont tenté de baliser un parcours pour éviter à la violence d’exploser et afin de mieux la contrecarrer. En premier lieu, l’accent a été mis sur le respect du don de la différence, l’accueil de l’autre, l’attention au plus faible et à sa dignité, la reconnaissance du prochain, l’acceptation de la confrontation qui porte potentiellement en elle une puissance créative, en positif, ou le conflit violent en situation négative. Il faudrait en second lieu procéder à la réhabilitation des «institutions du vivre ensemble», c’est-à-dire reconnaître nos devoirs envers les institutions nationales et internationales et les respecter afin d’éloigner la vision que nous en avons le plus souvent, celle de super-pouvoirs aisément transmués en boucs émissaires. Il serait enfin utile de réhabiliter le politique à tous les niveaux afin de soutenir les hommes et les femmes qui dans la diversité des opinions tentent de discerner le bien commun et de le servir.
Les différents carrefours et les interventions de témoins – tels l’évêque d’Alger, Mgr Henri Tessier, le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah, ainsi que des membres du Secours Catholique et d’ATD Quart-Monde- ont avancé plusieurs suggestions afin de «refaire la société» et de «faire l’humanité». Un appel a été lancé en faveur de la responsabilité des citoyens, à commencer par le rôle d’apprentissage de la vie en société que doit jouer l’école. Une grande attention devrait être portée à la présence de la violence dans les médias.
Les conflits ne sont jamais sans issue
Un message d’espoir a été formulé: il ne faut pas oublier que les conflits ne sont jamais sans issue tant qu’il y aura des hommes et des femmes qui lutteront contre toute forme de violence, d’où la nécessité de soutenir des acteurs tels les ONG, sur les chantiers de la lutte contre la faim, la maladie ou le terrorisme international. Concrètement, les Semaines Sociales proposent de créer dans toutes les régions françaises des antennes prolongeant les initiatives nationales et de donner une dimension européenne à ce travail en vue de la première manifestation de grande envergure prévue pour 2004 à Lille (Nord de la France). (apic/misna/bb)



