Contrer les débordements des sectes, pas leur existence

France: Création de la Mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires

Paris, 27 novembre 2002 (APIC) La lutte contre les sectes en France prend un nouveau nom, celui de «Miviludes», pour «Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires». Cet organisme, officialisé mercredi matin, aura pour but de contrer les débordements des sectes plutôt que de combattre leur existence, révèle le quotidien français «La Croix» dans son édition du 27 novembre.

Prenant la relève de l’Observatoire interministériel sur les sectes créé en 1996, remplacé en 1998 par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), présidée par le député socialiste Alain Vivien, la Miviludes devrait être dirigée par un haut-fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur. Selon «La Croix», il devrait s’agir de Jean-Louis Langlais, inspecteur général de l’administration au ministère de l’Intérieur.

La nomination de Jean-Louis Langlais comme fonctionnaire chargé de lutter contre les débordements des sectes devait être annoncée mercredi en Conseil des ministres. «Désormais, il ne s’agira pas de combattre les sectes pour ce qu’elles sont, mais uniquement de contrer leurs débordements», indique l’autorité française.

L’activisme d’Alain Vivien contesté

La Miviludes se veut une sorte de troisième voie entre les deux empruntées précédemment: l’Observatoire n’en faisait pas assez, l’activisme de la Mils dérangeait. La nouvelle Mission interministérielle ne devrait plus parler de «sectes», mais de «dérives sectaires», la vocation de l’Etat n’étant pas de poursuivre tout groupe religieux, mais de veiller à l’ordre public et au respect de la liberté des adeptes à l’intérieur des nouveaux mouvements religieux.

Alain Vivien, le président de la défunte Mils, était le directeur du Centre contre les manipulations mentales (CCMM). Son successeur a volontairement été choisi hors du sérail antisectes, pour son expérience et de l’administration, et du travail interministériel, puisqu’il a été délégué interministériel à la lutte contre la drogue et la toxicomanie. En septembre dernier, invités à envoyer leurs observations à Matignon, les différents ministères ont ainsi dénoncé le fonctionnement autarcique du «noyau dur» de la Mils autour de son président et une absence de concertation avec les ministères. (apic/laCroix/dng)

27 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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