Mais aussi pour la majorité des musulmans du Moyen-Orient

France: Début du ramadan mardi pour les musulmans de France

Paris, 4 octobre 2005 (Apic) Le ramadan a commencé mardi matin peu avant 6 heures pour les musulmans de France. L’annonce a été faite lundi par Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris et président du Conseil Français du culte musulman (CFCM), après la décision prise à l’unanimité par le bureau du CFCM.

Le ramadan est l’un des cinq piliers de la religion musulmane, avec la profession de foi, la prière, l’aumône et le pèlerinage. Du lever au coucher du soleil, le musulman pratiquant doit s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles. L’aïd el-fitr, qui dure trois jours, marque la fin du mois de jeûne. La Mosquée de Paris a annoncé lundi qu’elle lançait sa «campagne d’aide aux plus démunis» à l’occasion du ramadan.

Le mois de ramadan représente pour les islamiques un temps fort, avec une dimension festive. Ne serait-ce que parce qu’il resserre les liens communautaires et familiaux. Le jeûne du ramadan est le seul obligatoire de la religion musulmane. L’opinion est très répandue dans le monde musulman que le jeûne, surtout celui de ramadan, représente la meilleure expiation des fautes commises pendant l’année.

Sur les cinq millions de membres que compte la communauté musulmane de France, une bonne majorité observe le ramadan. Dans la majorité des pays arabes du Moyen-Orient, le ramadan a débuté mardi. Le premier jour du ramadan est fixé par de hauts responsables religieux dans chaque pays après observation à l’oeil nu, selon les prescriptions, du filet de croissant lunaire. Le début peu varier d’un pays à l’autre. apic/ag/pr)

Brésil: 8ème jour de grève de la faim pour Mgr Cappio

L’évêque écologiste opposé au détournement d’un fleuve

Rio, 4 octobre 2005 (Apic) Mgr Luiz Flavio Cappio, évêque du diocèse de Barra, dans l’Etat de Bahia au Brésil, a entamé lundi son 8e jour de grève de la faim. Il entend ainsi protester contre un projet visant à détourner le cours du fleuve San Francisco (nord-est), réitérant qu’il était prêt à mourir si le gouvernement Lula ne reculait pas.

Nommé évêque du diocèse de Barra en 1997, Mgr Cappio s’est toujours déclaré écologiste convaincu.

La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a indiqué qu’elle avait organisé lundi des processions, des messes et des veillées dans plusieurs villes du nord-est, en solidarité avec l’évêque.

Le San Francisco, troisième fleuve le plus important du pays, traverse cinq Etats du nord-est brésilien. Le prélat qualifie le projet destiné à détourner le cours du fleuve pour apporter de l’eau à des localités isolées du nord-est du pays, victimes chaque année de longues périodes de sécheresse, de «dément et mensonger».

L’évêque ne s’alimente que de l’eau du San Francisco qui passe à 300 mètres de la chapelle où il s’est installé à Cabrobo.

Samedi, il a reçu la visite d’un émissaire du président Luiz Inacio Lula da Silva à qui il a réitéré son intention de maintenir sa grève de la faim «jusqu’à la mort» si la décision concernant ce projet n’était pas révoquée

L’évêque a écrit le 26 septembre au président Luis Inacio Lula da Silva afin de lui faire connaître sa revendication. L’eau du Sao Francisco devrait être pompée sur une hauteur de 300 mètres en passant par plusieurs niveaux, avant d’être canalisée dans les districts voisins, à la pointe est du Brésil. Les dernières décisions doivent être prises ces prochains jours par le gouvernement, afin que les travaux puissent débuter.

Coût surdimensionné

L’évêque de Barra, de la congrégation des franciscains, dénonce le coût et le surdimensionnement du projet. Par ailleurs, ce détournement des eaux causera selon lui d’énormes dégâts sur l’environnement et sur les habitants de la région. Ce ne seront pas les hôtels de luxe de la côte, bénéficiaires du projet, qui paieront l’addition, mais les centaines de milliers de personnes qui se trouvent jusqu’à maintenant le long du fleuve.

Autant la Conférence des évêques brésiliens, que les mouvements de sans-terres et de protection de l’environnement demandent l’arrêt du projet et sa mise au vote populaire dans les régions touchées. Les travaux, d’un coût total estimé à 4,5 plus de deux milliards de dollars, sont censés débuter très prochainement.

Né dans le diocèse d’Aparecida (Etat de Sao Paulo), le Père Capio, 58 ans, a étudié les sciences économiques à l’Université de Petropolis, puis la théologie au séminaire des franciscains de cette ville.

Engagé dans la pastorale ouvrière franciscaine dans l’Etat de Bahia, il s’est consacré à la prédication des missions populaires. Il est l’auteur d’un catéchisme populaire, «Agua viva» (Eau vive), qui en est déjà à sa 50e édition, et d’un livre intitulé «Rio Sao Francisco: una caminhada entre a vida e a morte», où il relate son pèlerinage missionnaire et de pastorale écologique tout au long du parcours du fleuve Sao Francisco, dans le Nordeste. PR

Encadré

La lutte de l’évêque est celle de nous tous

Leonardo Moreli, secrétaire général de la «Defensoria da água», a pour sa part exprimé son soutien à la forme de protestation retentissante de l’évêque franciscain de Barra. «Sa lutte, confie-t-il à Misna, prouve qu’il existe un conflit entre la défense de l’eau comme bien économique et comme ressource sociale». «Sa lutte est aussi la notre: le Brésil subit en ce moment de fortes pressions économiques pour l’exploitation de ses énormes réserves d’eau douce, les plus importantes du monde» poursuit Moreli, qui se trouve en Italie pour une série d’initiatives sur la défense de l’eau. «L’action de cet évêque fait comprendre que l’Eglise est clairement engagée dans la défense des droits de la population brésilienne: l’accès à l’eau doit être considéré comme un droit universel» ajoute le secrétaire de la «Defensoria da água», un organisme créé en 2004 notamment par la Conférence nationale épiscopale du Brésil (Cnbb), Caritas Brésil, le Mouvement ’Gritto das águas’ et d’autres représentants de la société civile. (apic/kna/bb/misna/pr)

4 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!