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Décès du Père Denis Sonet, l'ami des couples

Troyes, 24.09.2015 (cath.ch-apic) Le Père Denis Sonet, prêtre du diocèse de Troyes, à l’est de la France, et conseiller conjugal de grande renommée, est décédé le 23 septembre 2015, à l’âge de 89 ans. Ce pionnier de la réflexion catholique sur le couple et la sexualité était notamment bien connu en Suisse romande, où il venait régulièrement animer des sessions.

Le Père Sonet était une «grande figure» du diocèse, souligne l’évêché de Troyes sur sa page Facebook.

Fin 2009, une embolie pulmonaire avait failli l’emporter. Mais cela ne l’avait pas empêché de reprendre son rythme trépidant, animant chaque semaine des week-ends pour couples ou célibataires, rapporte le site internet du quotidien français «La Croix». Il donnait des enseignements et conférences sur la vie affective et sexuelle avec un humour et une liberté de ton qui faisaient son succès auprès de tous les publics.

Le prêtre né dans les Vosges en 1926 était régulièrement interviewé dans les médias catholiques.

En 2013, le journaliste Pascal Fessard, de cath.ch, avait recueilli dans une vidéo ses réflexions sur le couple

Denis Sonet savait, selon son expression, faire comprendre «le formidable tableau de l’amour chrétien», répétant que l’Eglise n’interdit pas le plaisir sexuel, que la relation sexuelle n’a pas pour unique objectif la procréation et que Dieu se réjouit quand un couple se manifeste de la tendresse. Le prêtre a participé, au début des années 1960, à la création du Cler (Amour et Famille), qui accompagne et conseille les couples et les familles catholiques. Il en devient l’aumônier national en 1969. Dans le cadre du Cler, il a publié une vingtaine d’ouvrages sur l’amour, la culpabilité, la communication, ou encore le célibat.

Le Père Sonet «a mis tout son talent, son dynamisme, sa créativité et sa foi au service des jeunes et des couples. Il a contribué à dessiner les contours de ce que le Cler est aujourd’hui», assure l’organisation sur son site internet.


Encadré

 Marco Mayoraz: Le Père Sonet «donnait une parole juste et libératrice»

Le Père Sonet «parlait aux jeunes comme un grand-papa à ses petits enfants», se souvient Marco Mayoraz, responsable de la pastorale de la famille du diocèse de Sion, en parlant du prêtre français, qu’il a bien connu, et qui est devenu au fil du temps un ami.

Il évoque la facilité de contact du prêtre avec les jeunes, en particulier qu’il rencontrait dans le cadre d’enseignements sur l’éducation à la vie et à l’amour. «Il arrivait, se présentait simplement et emballait l’aula du collège (des Creusets, à Sion, ndlr) remplie d’ados avec un humour irrésistible. Puis il enchaînait avec des sujets aussi graves que le suicide chez les jeunes. Il captivait son auditoire», sourit Marco Mayoraz.  »Il parlait avec beaucoup de tendresse, donnait une parole juste et libératrice. Les gamins se pressaient vers lui à la fin des conférences et lui témoignaient une grande reconnaissance», relève Marco Mayoraz.

Les deux hommes avaient noué une belle amitié. «Il venait à la maison et s’exclamait avec sa voix rocailleuse ›ici on bouffe bien! Je crois que je vais rester chez vous!’. Il appréciait beaucoup la Suisse», s’amuse l’assistant pastoral valaisan en évoquant la simplicité et le ton direct, mais toujours respectueux du Père Sonet.

 Un habitué du Valais

Le prêtre est venu régulièrement en Valais depuis que Mgr Schwéry, alors évêque de Sion, l’avait invité, en 1989, à participer au triennat de la famille. Ces trois années de réflexion avaient débouché, en 1992, sur la mise en place de la pastorale de la famille du diocèse de Sion. Depuis lors, l’abbé Sonet est venu presque chaque année donner des conférences sur le mariage, le couple, la sexualité, des domaines dont il était spécialiste et qui lui ont valu une reconnaissance unanime en France. Le Père Denis Sonet portait l’image du couple au centre de sa vie. «Quand il n’y aura plus de prêtres, vous les couples, vous devrez être témoins de l’amour de Dieu», avait-il confié à son ami suisse avant d’ajouter que «le couple est le signe indéfectible de l’amour de Dieu».

«Il a aussi formé des prêtres et des agents pastoraux pour l’accompagnement au mariage», ajoute Marco Mayoraz. Il rappelle le succès qu’il avait eu auprès des membres du Mouvement chrétien des retraités (MCR), après les conférences qu’il avait données à propos du couple dans le 3e âge. «Préparez votre gueule d’éternité pour le festin de noces éternel», avait-il lancé aux retraités. (apic/cx/rz/bh)

 

 

 

 

Le Père Denis Sonet à la cure de Muraz (VS) en septembre 2013.
24 septembre 2015 | 11:46
par Raphaël Zbinden
Denis Sonet (1), Mariage (108), sexualité (12)
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