La séparation Eglises-Etat crée la division

France: Des intellectuels défendent la loi de 1905 sur la laïcité

Paris, 5 février 2003 (APIC) Un groupe d’intellectuel a lancé mardi un appel pour le maintien de la loi de 1905 sur la séparation entre les Eglises et l’Etat. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Mercredi, les partisans d’une révision ont rétorqué dans les médias que le paysage religieux, avec la montée de l’islam, a été profondément modifié depuis un siècle.

Des intellectuels issus notamment de milieux chrétiens, juifs, marxistes, musulmans et rationalistes ont souhaité dans un appel au président de la République que la commémoration du centenaire de cette loi constitue l’occasion d’un «retour aux sources de la laïcité». «Le vrai sens de notre laïcité est méconnu en France alors qu’elle suscite un intérêt croissant à travers le monde», affirment-ils dans leur déclaration.

L’initiateur de l’appel est le philosophe catholique Guy Coq. Il souligne que le principe de laïcité, qui remonte en France à l’Edit de Nantes et aux guerres de religion, «est devenu le bien commun des humains attachés aux libertés individuelles dans les sociétés».

La loi du 9 décembre 1905 proclame des principes: liberté de conscience et libre exercice des cultes (y compris dans les internats, hôpitaux et prisons). Elle précise que «la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte». Elle a été adoptée en plein conflit entre l’Eglise catholique et l’Etat.

La Fédération protestante de France a récemment demandé une révision de la loi, alors que l’Eglise catholique, autrefois hostile à ce texte qui sépare le politique du religieux, ne souhaite plus de modifications.

Pour les partisans d’une révision, la situation religieuse a profondément changé en France depuis un siècle. La loi n’avait pas prévu l’émergence d’autres religions, comme l’islam. C’est la raison pour laquelle le secrétaire d’Etat UMP Pierre Bédier, les maires socialistes Manuel Valls à Evry et Georges Frêche à Montpellier estiment que la loi doit permettre aux communes de financer la construction de mosquées. Une telle mesure, selon eux, aiderait à éviter la marginalisation des fidèles musulmans. (apic/ag/kna/job/bb)

5 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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