La loi sur la laïcité laisse encore des jeunes sur la route

France: Deux collégiennes exclues de leur collège à Strasbourg

Strasbourg, 20 octobre 2004 (Apic) Les 2 collégiennes de Mulhouse qui refusaient depuis la rentrée scolaire d’ôter leur voile ont été «exclues définitivement» de leur établissement par un conseil de discipline, a annoncé mardi soir la principale du collège. Après l’action de la jeune fille qui a préféré se raser le crâne, cette loi fait décidément beaucoup de bruit, malgré l’insistance mise pour en minimiser les retombées.

«Pendant deux mois, il y a eu de nombreux entretiens avec les familles et ces élèves» pour leur expliquer la nécessité de se plier aux exigences de la loi sur les signes religieux ostensibles, a souligné devant la presse Mme Michelle Feder-Cunin, principale du collège Jean Macé de Mulhouse.

Les familles ont la possibilité de faire appel de la décision auprès du recteur de l’académie. Au total, 17 jeunes filles refusent de se plier aux exigences de la loi sur la laïcité dans l’académie de Strasbourg: 13 à Strasbourg et 4 à Mulhouse, dont les deux collégiennes exclues mardi soir.

L’exclusion, pour ne pas dire la marginalisation de ces deux jeunes filles a provoqué la réaction des Verts, qui critiquent une nouvelle fois la loi sur la laïcité. Ils estiment que l’objectif de cette mesure, «comme la loi sur la sécurité intérieure», était «seulement de ne pus voir le problème».

Flagrante contradiction

«Le gouvernement avait laissé entendre qu’il n’y aurait pas d’exclusion, il y en a», a souligné Anne Souyris, porte-parole des Verts citée par l’AFP. Elle a fait valoir aussi que des jeunes filles quittaient l’école d’elles-mêmes et «allaient vers les écoles musulmanes». «Est-ce l’objectif d’une loi sur la laïcité, que les jeunes filles soient seules chez elles ou aillent dans ces écoles?», s’est-elle demandée.

Cette marginalisation intervient après l’exclusion de trois élèves sikhs de Seine-Saint-Denis. Les avocats des lycéens dénoncent l’»absence de dialogue» entre les Sikhs et l’administration. Me Antoine Beauquier, leur avocat, affirme que les élèves ont été «exclus physiquement» du lycée entre le 23 septembre et le 11 octobre par le proviseur.

L’exclusion de ces jeunes sikhs contredit là aussi les propos de l’ambassadeur de France en Inde, Dominique Girard, qui avait déclaré à l’agence de presse indienne Tribune News Service, mercredi 22 septembre, que le ministre français de l’Education nationale avait proposé que les garçons sikhs, écoliers ou étudiants dans des écoles laïques françaises, pourraient porter une discrète patka (simple bonnet retenant la chevelure). au lieu des turbans. (apic/ag/pr)

20 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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