France: deux démissions au Bec-Hellouin (010490)

«Des raisons sentimentales et affectives», déclare Mgr Gaillot

Paris, 1eravril(APIC) Dom Philippe Aubin, Père-abbé de l’abbaye bénédictine du Bec-Hellouin, dans le diocèse d’Evreux, a démissioné de ses

fonctions le 22 mars, décision qui a été rendue publique en fin de semaine

seulement. Quelques jours plus tard, après avoir appris cette démission,

Mère Faimpe-Marie-Ephrem, supérieure du couvent voisin, renonçait également

à ses fonctions. L’un et l’autre ont aujourd’hui quitté leur communauté

respective et se trouvent dans deux «monastères amis». Mgr Jacques Gaillot,

évêque d’Evreux, très bouleversé, a annoncé que les deux religieux avaient

démissioné «pour des raisons sentimentales et affectives».

C’est donc un véritable cyclone qui souffle aujourd’hui sur la prestigieuse abbaye du Bec-Hellouin. Fondée en 1035 par le chevalier Herluin,

l’abbaye avait vu sa splendeur décliner au cours des siècles. En 1948, dom

Paul Grammolt, avec l’accord de l’évêque d’alors, Mgr Gaudron, décide de

faire revivre le Bec. Véritables pionniers du monachisme du XXe siècle, dom

Grammolt et ses compagnons ouvrent le monastère à toutes les formes d’expressions artistiques, au renouveau liturgique – avant même le Concile de

Vatican II -, à l’eocuménisme – notamment avec l’Eglise anglicane… Le 19

mars 1986, dom Grammolt, décédé au mois d’août dernier, se retire et un

moine de 46 ans lui succède: dom Philippe Aubin.

En 1986, ce dernier remarquait que l’une des caractéristiques de l’abbaye du Bec-Hellouin était «les liens entre les deux communautés de moines

et de moniales oblates, implantées dans le village. C’est une expérience

unique dans l’Eglise. Il ne s’agit pas seulement d’une communauté de moniales qui vient au monastère des hommes pour des célébrations liturgiques. Ce

sont deux communautés unies par un même lien de profession monastique avec

l’abbé du monastère». Ce qui signifie aussi que l’abbé présidait aux destinées spirituelles des deux monastères.

L’»expérience unique» s’est avérée difficile: les tendres liens qui se

sont tissés entre le Père-abbé et la Mère supérieure ont abouti à une impasse. Les deux supérieurs se sont retirés volontairement – rien de leur

relation n’avait filtré sur la place publique. Reste aujourd’hui, pour les

deux monastères du Bec-Hellouin, a reconstruire leur sérénité, et pour les

deux supérieurs déchus, avec l’aide de nouveaux compagnons, à retrouver la

paix. (apic/mjh/pr)

1 avril 1990 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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