Du protestantisme à l’orthodoxie

France: Hommages après le décès de la grande théologienne Elisabeth Behr-Sigel

Genève/Paris, 5 décembre 2005 (Apic) Les hommages se multiplient après le décès, à l’âge de 98 ans, d’Elisabeth Behr-Sigel, l’une des premières femmes en France à étudier la théologie protestante, qui allait plus tard adhérer à l’Eglise orthodoxe, et devenir l’une de ses théologiennes les plus connues.

Elisabeth Behr-Sigel, décédée le 26 novembre, était appelée «la grand-mère de l’orthodoxie occidentale» par ses amis et collègues. Comme le rapporte le service de nouvelles grec-orthodoxe Mosaic, que relaie l’agence oecuménique basée à Genève, ENI, elle a enseigné à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris et publié de nombreux articles et plusieurs livres portant sur la théologie et la spiritualité orthodoxes. Elle était aussi connue pour son plaidoyer en faveur d’un rôle des femmes au sein de l’Elise orthodoxe.

«Elisabeth Behr-Sigel prendra des positions hardies – pas toujours comprises – en faveur d’une place plus grande des femmes dans l’Eglise, pouvant aller jusqu’au sacerdoce», écrit Henri Tincq, journaliste de l’information religieuse au quotidien Le Monde. Mais «elle était toutefois unanimement appréciée dans l’orthodoxie et chez les ’Eglises soeurs’ par sa culture théologique, sa vigueur spirituelle et son engagement dans les combats séculiers.»

Née le 21 juillet 1907 près de Strasbourg d’un père luthérien et d’une mère juive, elle a confié que c’est dans le milieu de la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants (FUACE) qu’elle a «entendu, adressé à moi, personnellement, l’appel de Jésus». Faute de pouvoir entreprendre des études de théologie, à l’époque encore fermées aux femmes, Elisabeth Behr-Sigel a commencé des études de philosophie à l’Université de Strasbourg, avant d’être admise à la Faculté de théologie de Strasbourg, et de poursuivre ses études à la Faculté libre de théologie protestante de Paris.

C’est là qu’elle rencontra et se lia d’amitié avec des théologiens orthodoxes qui avaient fui la révolution russe de 1917. Parmi ceux-ci figuraient Vladimir Lossky, Paul Evdokimov, Serge Boulgakov, et mère Marie Skobtsov, morte dans un camp de concentration nazi où elle était détenue pour avoir aidé des juifs français.

Au début des années 1930, l’Eglise réformée d’Alsace-Lorraine autorisa Elisabeth Behr-Sigel à exercer le ministère de pasteur auxiliaire, et elle devint la première femme en France à être investie officiellement d’un tel ministère. Mais, comme elle le souligne, elle était «déjà intérieurement orthodoxe» et, lorsqu’elle se fiança à un émigré russe, elle rejoignit l’Eglise orthodoxe. (apic/eni/vb)

5 décembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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