Décision dans les semaines à venir
France: Homosexualité: positions nuancées des Eglises luthériennes et réformées
Paris, 29 février 2004 (Apic) Après avoir planché ensemble sur le dossier, les Eglises réformées et luthériennes françaises vont se déterminer, dans les semaines à venir, sur la suite à donner à la question de l’accès des personnes homosexuelles au pastorat et à la bénédiction de couples homosexuels.
Sous l’égide du Conseil permanent des Eglises luthériennes et réformées (CPLR), une position commune a d’ores et déjà été rendue publique à la mi-février après une vaste consultation des paroisses, indique l’Agence oecuménique ENI.
S’agissant de la question des pasteurs homosexuels, «l’orientation sexuelle n’est pas un critère de discernement en tant que tel», souligne le communiqué commun des Eglises luthériennes et réformées. S’il est nuancé dans la forme, l’avis du CPLR exprime cependant un certain nombre de réserves.
Obstacle
«Actuellement, il apparaît que l’homosexualité d’un ministre est un obstacle à son appel par une Eglise locale», précise le communiqué. Si le CPLR ne rejette pas la possibilité que des homosexuels puissent devenir pasteurs, ces derniers ne peuvent pas, selon la position des Eglises luthériennes et réformées, exercer leur ministère en paroisse.
Concernant la bénédiction des couples homosexuels, l’avis du CPLR est plus tranché. «Il n’est pas opportun d’envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et couple hétérosexuel», précise le communiqué commun. De fait, cette question semble peu difficile à aborder pour les Eglises. «Les demandes de bénédiction sont tout à fait rares», a expliqué, devant les journalistes, François Clavairoly, président du CPLR.
Lancée à l’automne 2002, la consultation a mobilisé un nombre important de paroisses, plus de 150 sur un total de 450. Plusieurs responsables ont exprimé leur satisfaction face à cette mobilisation. «Le débat n’a pas trop divisé les Eglises locales. J’ai été témoin d’une maturité dans les discussions», a souligné Antoine Nouis, pasteur de l’Eglise réformée de France (ERF) et l’un des rapporteurs.
Climat serein
«Cela a été l’occasion d’aborder des situations personnelles et familiales», s’est de son côté félicité le pasteur Marcel Manoël, président du Conseil national de l’ERF.
Pour sa part, Marie-France Robert, inspectrice ecclésiastique de l’Eglise évangélique luthérienne de France (EELF), a mis l’accent sur l’unité des Eglises dans ce dossier. «Nous avons pu marcher ensemble tout au long de ce débat qui s’est déroulé dans une écoute réciproque et respectueuse», a-t-elle déclaré.
Toutefois, chacune des quatre Eglises membres du CPLR conserve sa marche de manoeuvre. «Nous allons entrer dans une phase de réflexion. Le discernement de l’Eglise est en cours», a précisé Marcel Manoël. Principale dénomination protestante en France, l’ERF devrait décider lors de son prochain conseil national, les 20 et 21 mars prochains, si le dossier de l’homosexualité sera abordé ou non en synode. En Alsace, les Eglises luthérienne et réformée devraient également prendre une décision assez rapidement. (apic/eni/pr)



