Les étrangers ne doivent pas demeurer comme des étrangers
France: Journée mondiale du migrant et du réfugié le 15 janvier
Paris, 15 janvier 2006 (Apic) L’Eglise catholique, en France, a multiplié les appels au partage et à la solidarité avec les migrants. «Les étrangers sont chez nous, il ne faut pas qu’ils demeurent comme des étrangers: accueillir leur culture, donc, ce qui est un geste important pour la construction de leur identité», a rappelé Antonio Simeoni, de la congrégation des scalabriniens, spécialisée dans l’animation des missions linguistiques.
Pour la première fois depuis 1914, la Journée mondiale du migrant et du réfugié a été fixée à une date unique dans toute l’Eglise, soit, pour 2006, à ce dimanche 15 janvier, rappelle le quotidien catholique français «La Croix». Il s’agit d’une première depuis 92 ans. Instituée par le pape Benoît XV en 1914, cette journée mondiale était célébrée aux dates choisies par chaque épiscopat. Puis en 2004, Jean Paul II a pris la décision de la faire célébrer, chaque année, le deuxième dimanche après le 6 janvier.
Pour la France, encore marquée par les manifestations violentes dans ses banlieues, en automne 2005, cette journée a été l’occasion pour les responsables de l’Eglise catholique de lancer des appels au partage. «Il s’agit d’éveiller ou de réveiller les consciences, de développer ses capacités à promouvoir et respecter ce que les étrangers nous apportent, y compris dans leur vie chrétienne», a expliqué dans «La Croix» Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard et président du Service national de la Pastorale des migrants.
«Chacun doit s’enraciner dans les valeurs de son origine pour vivre, et quand il est conscient de son identité, il peut s’épanouir dans la société dans laquelle il vit», soutient pour sa part le Père Antonio Simeoni.
«Il reste encore du travail dans les paroisses», affirme, toujours dans «La Croix», Jean-Marie Ansel, délégué à la Pastorale des migrants du diocèse de Strasbourg. «Dans certaines célébrations, on nous a par exemple reproché des danses traditionnelles de femmes tamoules. Cela empêcherait de prier. Cela démontre qu’on en est encore loin du compte. Mais en même temps, beaucoup de choses se passent sur le terrain», nuance le délégué.
Le Père Philippe Plantevin, délégué de la Pastorale des migrants du diocèse d’Aix et Arles, rappelle que «Le Christ s’est identifié à l’étranger. Pour un chrétien, on ne peut pas passer là-dessus. Autant un pays doit tout faire pour réguler l’immigration, ne pas faire n’importe quoi sur ce sujet, autant un chrétien a le devoir d’accueillir l’étranger: dans le cadre de la loi, et même au-delà de la loi s’il le faut. «.
Ne pas traiter les migrants comme des bêtes
L’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a appelé dans le Parisien/Aujourd’hui en France du 15 janvier à «respecter le droit des migrants» et à «ne pas les traiter comme des bêtes». «Lorsque des étrangers sont dans une situation d’attente face à l’administration pour obtenir le statut de réfugié ou une carte de séjour, ils devraient pouvoir accéder à un travail. Sinon, comment s’étonner qu’ils deviennent des errants, victimes malgré eux du travail au noir?», a ajouté l’archevêque de Paris, qui demande de «sanctionner plus sévèrement les entreprises qui se livrent à une exploitation esclavagiste des sans-papiers».
Cette Journée mondiale a suscité une forte mobilisation, selon José Da Silva, directeur du service national de la Pastorale des migrants «Plus de la moitié des diocèses y ont bien adhéré», poursuit-il. Plus de 8’000 dossiers spécialement élaborés pour l’occasion ont été délivrés sur demande. (apic/lacroix/ag/bb)



