Pas touche à l’article 55

France: L’abbé Pierre à l’Assemblée nationale pour le débat sur le logement

Paris, 24 janvier 2006 (Apic) L’abbé Pierre se rendra mardi après-midi à l’Assemblée nationale à Paris pour assister à la discussion sur le projet de loi sur l’engagement national pour le logement, prévue à partir de 15h00, a annoncé la Fondation Abbé Pierre.

Le fondateur d’Emmaüs, 93 ans, assistera notamment à la discussion sur l’article 55 de la SRU (Solidarité et renouvellement urbains) qui impose notamment aux communes de construire 20% de logements sociaux. Une close qui n’est guère respectée en France et contre laquelle de nombreux députés de la majorité UMP monte au créneau pour réclamer des amendements.

Près de 60 ans après son appel de l’Hiver 54, l’abbé Pierre dit vouloir être présent à l’Assemblée nationale pour dénoncer la remise en cause des obligations des élus en matière de logement social. Un certains nombre amendements sont en discussion, prônés par la droite française, qualifiés d’»inacceptables» par le vieux lutteur qu’est l’abbé Pierre.

Dans une interview accordée au quotidien «Libération», le défenseur des pauvres dit pourquoi il tient à être parmi les députés cet après-midi pour la reprise des débats sur le projet de loi «Engagement national pour le logement». A 93 ans, l’abbé Pierre menaçait, hier, avec humour: «Surtout n’écrivez pas que vous avez trouvé l’abbé Pierre en pleine forme parce que j’ai une voix sonnante et qui porte. Les gens ne savent pas qu’après chaque effort je vais me reposer dans mon lit».

L’abbé Pierre rappelle tout d’abord avoir été membre de cette Assemblée nationale pendant 6 ans. «J’y vais, dit-il, pour dire avec quelle gravité m’apparaît ce débat qui touche ce pour quoi je me suis battu toute ma vie. Je veux marquer l’importance de l’article 55 de loi de Solidarité et renouvellement urbain (SRU) qui instaure un objectif de mixité sociale en imposant aux communes de plus de 3’500 habitants de construire 20 % de logements HLM. Or on me rapporte que des amendements visent à limiter, voire diminuer les obligations incombant aux élus. Ce n’est pas acceptable».

Mise en garde

L’abbé Pierre met en garde les députés UMP qui ont déposé ces amendements: «Cette loi est très largement soutenue par l’opinion publique, toute révision à la baisse serait une indication d’une volonté moins forte dans le combat contre le mal-logement».

A propos des événements qui ont secoué la France, avec la révolte des banlieues en octobre et novembre, l’abbé Pierre estime que «les événements dans les quartiers sont bien sûr la conséquence de plusieurs phénomènes liés à la crise de l’emploi, de l’école, du rôle des parents, mais nul ne peut occulter le lien avec la crise du logement».

Et l’abbé Pierre de conclure dans l’interview de «Libération: «Soyons conscients qu’il y a des mots qui se pervertissent : quand l’expression «logement social» a été inventée, elle visait les personnes qu’il fallait aider, aujourd’hui cette formule vise ceux que l’on veut fuir. Ce sont des logements que l’on ne veut pas voir de chez soi». (apic/ag/lib/pr)

24 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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