L’Eglise n’abandonne pas les sans-papiers

France: L’Etat veut évacuer l’église de Saint-Pierre Saint-Paul à Calais

Paris, 13 novembre 2002 (APIC) Les élus du Pas-de-Calais et le ministre de l’Intérieur ont décidé mardi matin de donner 24 heures aux réfugiés pour quitter l’église de Saint-Pierre Saint-Paul à Calais, occupée depuis le week-end dernier. La position de l’Eglise reste inchangée: il faut accueillir ces déshérités.

Selon Mgr Jean-Luc Brunin, interrogé par le quotidien français «Le Monde», ce qui se passe à Calais s’inscrit dans la logique exprimée dans la déclaration des évêques de France en février 2002: «Accueillir les demandeurs d’asile». L’Eglise n’entend ni être manipulée, ni agir en franc- tireur, ni être hors-jeu. Elle se situe comme partenaire et agit en fonction d’une situation précise. Quand des réfugiés sont dehors, dans le froid et la pluie, l’urgence est de les accueillir. Mais cet accueil, selon Mgr Brunin, doit être négocié avec eux, en partenariat avec les autorités, et il doit rester provisoire.

La cinquantaine de personnes, majoritairement des Kurdes d’Irak, réfugiées dans l’église entourée par un cordon de CRS ont réclamé des sauf-conduits d’un mois et l’engagement qu’ils ne seraient pas poursuivis avant de quitter les lieux.

«L’annonce de la fermeture anticipée de Sangatte a perturbé tout le monde», regrette le prélat. Faute de préparation, la préfecture a également été prise de cours et a dû faire face à une situation difficile. On des réfugiés ont été pourchassés dans les rues de Calais ou ont attendu aux portes de la ville de pouvoir gagner la Grande-Bretagne. L’Eglise a plaidé pour que ceux qui sont là soient dignement traités, et pour que ceux qui choisissent de demander l’asile en France soient accompagnés dans leur démarche. Aujourd’hui, des lieux d’accueil ont été trouvés, pour ceux qui sont prêts à rester en France comme pour les autres. Les réfugiés pourront y bénéficier d’un temps de réflexion et d’une aide pour la constitution de leur dossier administratif. Des garanties ont été données aux associations mobilisées pour accompagner les réfugiés, notamment sur le plan juridique. (apic/lemonde/dng)

13 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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