Un mode de coopération totalement nouveau
France: La communauté catholique de l’Emmanuel reconnue par le Vatican
Paris, 29 janvier 1999 (APIC) La communauté charismatique catholique de l’Emmanuel en France a été reconnue comme «association privée internationale de fidèèles, de droit pontifical» par le Vatican. Il aura fallut vingt-cinq d’un processus controversé pour que ses statuts soient définitivement approuvés par Rome.
Né en France au milieu des années 70 avec le Renouveau charismatique, l’Emmanuel a bouleversé, avec d’autres groupes, les habitudes catholiques dans l’Hexagone. Inspiré de la vague pentecôtiste américaine et fondée sur l’accueil des dons de l’Esprit-Saint, cette communauté contribue à sa manière, au renouvellement de l’Eglise en France.
Depuis dix ans, l’Emmanuel joue un rôle important au sein même de l’institution ecclésiale française avec 6’000 membres, 130 prêtres, 110 séminaristes et une quinzaine de paroisses. De fait, pour l’Eglise, en ces périodes de disette des vocations, ce genre de communautés représente une force non négligeable.
D’autant plus que ces prêtres n’arrivent pas seuls. Ils sont entourés, «supportés» par des laïcs de l’Emmanuel. «Cette complémentarité des différents charismes, prêtres, religieux, laïcs mariés ou célibtaires, diacres dans la ligne de Vatican II, est un plus», confirme Mgr Raymond Séguy, évêque d’Autun, diocèse où se trouve Paray-le-Monial.
Et c’est justement là, que l’épiscopat français lui a demandé d’organiser des sessions de formation à la liturgie, en partenariat avec le «Jour du Seigneur» et la revue liturgique «Signes». En effet, la communauté est reconnue unanimement pour le soin qu’elle apporte à la liturgie, aux chants, et son retour à la prière.
Des réticences demeurent
Quelques réticences demeurent cependant. «La manière dont les communautés de l’Emmanuel sont constituée rend difficiles les relations avec les autres paroisses. Ces dernières, souvent pauvres, peuvent être gênés par les moyens dont dispose cette communauté», souligne le Père Debergé, théologien et professeur à l’institut catholique de Toulouse.
Chaque membre verse une «dîme» à la communauté, c’est à dire une partie de ses revenus, selon ses moyens et ses souhaits. Cet argent permet de financer les œuvres de l’Emmanuel, tant en France, que dans le tiers monde. Mais c’est surtout la ressource humaine du mouvement qui surprend. «C’est un Etat dans l’Etat», note le Père Gonzague Chatillon, curé de la paroisse de Saint-Philippe du Roule.
L’Emmanuel reste bien une communauté, avec son autonomie et ses propres activités. Ainsi, pour son intégration ecclésiale, la marge est souvent étroite, à l’image des ordres religieux en pays de mission vis-à-vis des évêques.
«Les membres de l’Emmanuel doivent comprendre qu’ils sont incardinés dans une Eglise particulière, mais nous devons comprendre qu’ils doivent participer aux œuvres spécifiques de leurs communautés», résume l’évêque d’Autun. Pour l’Eglise, c’est un mode de coopération totalement nouveau, introduit lors du dernier Concile, pour encourager la participation des mouvements à la vie ecclésiale. (apic/cx/ab)



