Son assemblée générale a été reportée à la demande du Saint-Siège
France: La Communauté des Béatitudes est secouée par une affaire d’abus sur mineurs
Rodez, 17 octobre 2008 (Apic) L’assemblée générale de la communauté des Béatitudes est reportée à la demande du cardinal Bernard Panafieu. L’archevêque émérite de Marseille a été chargé par le Saint-Siège d’une mission auprès de cette communauté, qui est actuellement secouée par une affaire d’abus sexuels sur mineurs et de non-dénonciation.
Le cardinal Panafieu a écrit aux membres de la Communauté des Béatitudes pour leur demander le report de leur assemblée, qui devait se dérouler fin novembre ou début décembre. Il mentionne dans sa lettre des «récents évènements douloureux touchant la communauté».
C’est une affaire d’agressions sexuelles sur mineurs et de non-dénonciation qui a provoqué une crise dans la communauté, qui ne bénéficie pas encore de la reconnaissance définitive du Saint-Siège. Un membre âgé de 57 ans, Frère Pierre-Etienne, a été mis en examen en février 2008 à Rodez pour une série d’abus sexuels sur mineurs. Il a reconnu par la suite avoir eu des attouchements sur une cinquantaine d’enfants de 5 à 14 ans, commis en France entre 1985 et 2000. En octobre 2008, six responsables ou membres de la communauté ont été placés en garde à vue à Rodez pour non-dénonciation d’agressions sexuelles. C’est un autre membre des Béatitudes, de l’abbaye Notre-Dame de Bonnecombe (Aveyron), qui avait dénoncé son confrère à la justice.
Un chemin de refondation spirituelle et structurelle
Dans ce contexte, le cardinal Panafieu a écrit à la Communauté des Béatitudes pour dire que l’assemblée générale «ne pouvait se tenir dans de bonnes conditions de réflexion et de liberté». Le Conseil pontifical pour les laïcs, à Rome, a souligné pour sa part «la nécessité d’aller au fond des problèmes soulevés et d’entreprendre dès à présent un chemin de refondation spirituelle et structurelle». Il a demandé que l’assemblée générale se tienne avant novembre 2009.
La Communauté des Béatitudes a été reconnue «ad experimento» en 2002 par le Saint-Siège pour une période de cinq ans. Sa reconnaissance définitive n’ayant pas abouti, le statut provisoire a été prolongé de deux ans, a indiqué à l’AFP le Père Jean-Baptiste Tison, membre de la communauté de Notre-Dame de Bonnecombe. (apic/ag/bb)



